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son erreur, nous insistons en lui présentant sa soupe et pendant qu'elle la boit, nous approchons la lumière pour qu'elle puisse voir l'aliment qu'elle prend. Nous lui demandons alors: Est-il bon votre café? — « Oui, répond-elle, il pourrait être un peu plus sucré. » — La soupe était salée et blanche comme toute soupe au lait.
KB. 7 teRMTE Cr: Ont penséelasren del rant — ce délire est la conséquence logique de leur maladie. Leur attitude particulière, la vue de certains objets, en réveillant chez eux des souvenirs anciens, les fait penser et agir conformément à ces idées anciennes. L’amnésie des faits récents ou rapprochés, qui constitue le fond même de la démence à son début, est la cause de cette suggestion spontanée ou provoquée.
Notre maitre, M. Bernheim, dit dans son livre sur l’hypnotisme que « toute cellule cérébrale actionnée par une idée actionne les fibres nerveuses qui doivent réaliser cette idée » (1), que cette transformation de l'idée en acte est d'autant plus facile, quand on à pour ainsi dire paralysé les facultés supérieures, que plus l’activité de ces facultés est diminuée chez un sujet, plus ce dernier est suggestible.
Cnez le dément sénile, l'attention, la perception, la volonté et la mémoire sont très diminuées. Il est, par sa maladie même, dans un état psychique favorable à la suggestion, dit M. Parisot ; ne se souvenant que des faits anciens et souvent répétés, incapable d’ac-
(1) Bernheim. Hypnotisme, Suggestion, Psychothérapie, pages 31 et sui-. vantes. Paris, 1891.
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quérir de nouvelles notions, il est enclin à reproduire les premiers. Comme dans le délire où le pouvoir dé- Lirant d'un aliéné est en raison directe de ses moyens intellectuels (Legrain (1), la reproduction est fidèle tant que la mémoire des faits anciens n'a pas disparu, elle existe encore, mais imparfaite, dans la période du gâtisme puisqu'à ce moment, toute consonance qui frappe l'oreille du dément, réveille chez lui, par le mécanisme que nous verrons plus loin, des idées vestiges d’un passé oublié, pour donner alors Le tableau de l'incohérence.
Il n'est pas toujours facile de distinguer les actes logiques du dément. En voici un exemple : Un jour, l'ex-lancier K..., pressé par un besoin naturel, se dirige vers les cabinets, rencontre en chemin un vêletement noir qui séchait, s'approche de lui, se déculotte et commence à uriner. K... s’imaginait être au cabinet, dominé qu'il était par le besoin pressant d’uriner et par la vue d'une masse sombre qui lui rappelait le mur de l’urinoir. Qu'un fait de ce genre se passe en ville, il amènera l'arrestation du malade.
L..., ex sous-officier de marine, né le 18 mars 1819, entre à Saint-Julien comme pensionnaire, le 14 avril 1890. Il est examiné par M. Parisot qui diagnostique démence sénile. L... couchait dans un grand dortoir de l'infirmerie et n'avait Jamais présenté d’agitation. A l’occasion d'une transformation de service, il est placé dans une petite chambre. Le lendemain, on annonce à M. Parisot qu'il a commis xn acte de folie : il s'était levé pendant la nuit, avait
(1) Legrain, Société médico-psychologique, 1890.
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ouvert les fenêtres et invectivé les personnes qui circulaient dans la rue, leur criant v..., p... et jetant par la croisée flacons et chaises, enfin tout ce qui lui tombait sous la main. Interrogé par M. Parisot, le malade, bien calme, nie tous les faits que le surveillant lui reproche et prétend n'avoir commis aucun acte de violence. Les faits étaient cependant réels, le désordre de la chambre le prouvait, mais L... avait perdu la mémoire de ce qui s'était passé durant la nuit; restait à expliquer l'apparition de ce délire chez un homme resté calme jusqu'à ce jour. Les renseignements, que M. Parisot put recueillir alors, lui permirent de constater que ce sous-officier avait habité Metz dans sa jeunesse et qu'il avait eu là des difficultés avec une maitresse. La scène de Saint-Julien n’était que la reproduction de cette scène qui avait dû fortement impressionner son esprit et que lui avait suggérée son transport du grand dortoir dans une petite chambre. Depuis cejour, remis dans la salle commune, il n’a plus présenté de symptômes d’excitation.
Ces actes de dément peuvent donc amener des conséquences très graves ; ils sont peut-être nombreux et méritaient d'être signalés, non pas seulement pour leur importance, mais pour l'interprétation qui en a été donnée pour la première fois par M. Parisot dans ses leçons cliniques.
Nous passons maintenant aux variétés de délire connues, aux psychoses proprement dites, qui viennent se greffer sur la démence.
Ces conceptions délirantes se rattachent à toutes les formes de délire connues. Mantie, m‘lancolie, hypochondrie, délire des persécutions, elc., mais ces