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par un caillot de sang. Si l'injection est encore possible, n'est-il pas à craindre que le caillot, en train de se former, et entrainé par l’urine, n'amène chez le lapin une lésion quirende sa résistance moindre ? Pour éviter cet inconvénient, nousopérions de la façon suivante : Avant de fixer l'oreille du lapin à la table, on rase soigneusement une étendue d’un centimètre tout autour du point de la veine à piquer par l'aiguille, puis on fixe l'oreille et on lave la place rasée avec de la toile mouillée, pour enlever tous les détritus épithéliaux et autres. On adapte ensuité l'aiguille directement au tube de caoutchouc de la seringue remplie d'urine ; pendant qu'une main tient la seringue, l'index posé sur la tige du piston, l’autre main amène l'aiguille, sur la partie rasée ; puis pressant très légèrement sur le piston, pendant que l'urine sort par l'aiguille, on pousse cette dernière dans la veine, et l'injection continue. Ce procédé, plus rapide et moins dangereux, fait perdre tout au plus 1 ou 2 cent. cubes d'urine. L'opérateur, qui débute dans ce genre d'expériences et dont la main est peu habile encore, modifiera ce procédé de la manière qui suit : Avant d’enfoncer l'aiguille, qu'il fasse couler une couche très mince (1 centim. cube environ) de liquide sur la partie rasée au niveau du point de la veine à piquer, en même temps qu'il maintienne l'extrémité de l'aiguille dans cette couche ; de cette façon, il est inutile de presser sur le piston pendant qu'on enfonce l'aiguille, car l'extrémité de celle-ci estnoyée dans l’urine et ne peut se remplir d'air. On pique ensuite la veine et on continue l'injection.
Les urines que nous avons injectées sont celles des
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24 heures et viennent de déments à la première période de leur maladie. Il est souvent impossible d’en recueillir à la période de gâtisme, et même parfois à la première période ; le dément, oubliant les recommandations qu'on lui fait, urine ailleurs que dans son vase. Nous le faisions surveiller par des vieillards valides qui avaient soin de nous dire si les urines avaient élé exactement recueillies ; dans le cas contraire, nous remettions l'expérience au lendemain.
Nous avons utilisé surtout les urines d’une malade que nous observions matin etsoir, afin de comparer les troubles de sa mémoire et la toxicité de ses urines. Voici son observation
Mme veuve Col. V. C., née à Belleau (Meurthe-et- Moselle).
Les renseignements suivants nous ont été donnés par ses enfants :
Antécédents héréditaires. — Père, cultivateur et fabricant d'huiles, est mort à un âge avancé d'une pneumonie ! et n’a jamais présenté de troubles mentaux. — Mère morte jeune. — Il n'y a aucun aliéné dans la famille. — Deux frères et une sœur morts tous les trois, les deux frères à 42 et à 48 ans d’une affection cardiaque, mais on ne peut l'affirmer ; la sœur a 75 ou 80 ans.
Antécédents personnels. — Veuve C.…., issue de parents dans l’aisance, a eu une jeunesse heureuse, elle a habité successivement, avec ses parents, les villages de Belleau et de Villers. Là, élevée par une tante, après la mort de sa mère, elle reçoit une certaine instruction. Mariée à 25 ans, elle devient mère de
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cinq enfants ; mais d’un caractère aigri, d’une disposition chagrine allant parfois jusqu’à la dureté envers son mari et ses enfants, sans ordre dans son ménage et coquette à l'excès, d'une lenteur et d'une nonchalance et, pour dire vrai, d'une fainéantise exagérée dans son travail, achetant de {out sans à-propos et sans nécessité, elle amène des querelles conjugales. Le mari, ni débauché, ni modèle au début, dépense au cabaret une partie du gain que lui procure son métier de maçon, puis s’adonne à l'ivrognerie. € Quand il avait bu, il était comme fou » ; si bien que, la femme aidant, la petite dot apportée par elle est bientôt dissipée. De là des discussions, des querelles plus fréquentes, puis des voies de fait de la part de l'époux et enfin le/départdétinitit de ce dérnmernNenvelte était alors âgée de 39 ans. Pour gagner sa vie et subvenir aux besoins de ses enfants, elle prend le seul métier qu'il lui soit possible d'exercer : elle se fait ravaudeuse ; mais comme le gain est minime, les mauvaises dispositions de son caractère empirent ; elle devient pleureuse au souvenir de son passé, et, fait bizarre qui étonnait ses enfants, autant elle est peu aimable envers ces derniers, autantelle est gaie et serviable envers les étrangers.Sa conduite,comme femme, a toujours été honnête ; partout elle a su inspirer du respect, mais même dans la misère, elle prodigue son gain et celui de ses enfants en état de travailler, et fait que celles-là aussi, une fois mariées, la quittent sans regret. Le dernier de ses enfants, mauvais sujet, l’abandonne subitement, il y a environ 20 ans ; nous avons appris ces Jours-Cci qu’il était saltimbanque.
JL y à dix ans, c'est-à-dire en 1886, ses filles vont
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habiter Paris et,ne voulant pas la laisser seule, la placent à Saint-Julien dans la section des pensionnaires ; mais elle ne s'y plait pas el quitte l’hospice pour entrer dans une pension d'ouvriers de la ville. Cette pension, comme celle de Saint-Julien, étaitpayée par ses enfants. À ce moment, d'après les renseignements que nous sommes allés puiser près des personnes qui la logeaient, elle ne présente pas de troubles mentaux ; elle est toujours coquette et dépensière, distrait l'argent, qu'elle reçoit pour indemniser son logeur, en l'achat de bibelots inutiles et oblige ses enfants à verser directement, sans passer par son entremise, le montant de la pension. Jusque-là, Veuve C... n'a jamais été malade ; elle n’est ni éthylique, ni syphilitique.
Si nous sommes entré dans des détails aussi circonstanciés de celte existence, c'est pour permettre au lecteur d'apprécier ses antécédents psychiques qui jettent un jour sur les manifestations démentielles
Historique de la maladie. — Vers la fin de 1894, la conduite de C .. devient fantasque ; elle se lève certaines nuits, fait un paquet de tout ce qui lui tombe sous la main, prend même des objets de son logeur et court chercher ses filles à la gare. Une autre fois, toujours pendant la nuit, elle allume le poêle de sa chambre pour préparer le manger de son mari qui allait revenir du travail. Il lui arrive de tenir pendant cinq ou six jours sur le feu le même pot rempli d’eau : c'était encore la soupe de son mari. Autant elle aimait à converser auparavant, autant elle évite alors de parler, et quand elle cause, c'est pour exprimer le désir de voir son père (mort depuis fort longtemps).
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Un matin, la chambre, qu’elle partageait avec une autre vieille femme, est dans un désordre complet. C... s'était battue avec sa voisine qu'elle accusait de voies de fait.
Cette agitation se présente cinq ou six fois dans le même mois, c'était le début de la démence. Un soir C... allume le poêle dont elle oublie de refermer la porte ; le bois en feu tombe sur le plancher qui commence à brûler. Le logeur, épouvanté à juste titre des conséquences d’une pareille « insouciance », exige le départ de la malade qu'on ramène en décembre 1894 à l'hospice Saint-Julien dans la section des indigents. A cette époque, CG... présente quelques vertiges qui ne laissent aucune suite après eux. Comme elle est incapable de se gouverner et qu’elle a besoin d’être surveillée d'une manière continue, elle est transportée à l'infirmerie où M. Parisot la déclare atteinte de démence sénile ; ses facultés mentales ont notablement diminué. C... est alors âgée de 82 ans.
Etat actuel. — A. FONCTIONS PSYCHIQUES. — a) Mémoire. — Vers la fin de juillet 1895, nous l’interrogeons pour connaître ses antécédents ; voici un lambeau de cet interrogatoire fatigant que l’inanité des réponses obtenues avec peine et faites d'une voix monotone et lente nous a bientôt fait cesser.
Comment vous appelez-vous ?
Ah... je ne sais pas, Monsieur.
Voyons, cherchez.