‹ La Démence SénileChapitre 30 sur 37 · octob · texte numérisé non relu

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tients obtenus en divisant le nombre de centimètres cubes représentant la totalité des urines par le produit du poids de la malade (la démente C... pèse 43 kilogr.), par les chiffres de la toxicité moyenne, sont portés dans la colonne n° X. Ils vont nous servir à établir le rapport entre la toxicité des urines et les troubles de la mémoire, en particulier le délire.

La démente est calme.

Dans la nuit du 2 au 3, C... se lève et se couche dans le lit de sa voisine; elle aurait eu peur d'un puits très profond placé à côté du sien. Les journées du 3 et du 4, et la nuit intermédiaire se passent encore dans l'agitation. A ce moment, 4 octobre, la toxicité moyenne est de 131, mais nous ne pouvons en déduire le coefficient urotoxique parce qu'on n’a pu recueillir toutes les urines des vingt-quatre heures.

Le délire a cessé; les urines du 5 au 6, recueillies le lendemain de l'agitation, montrent un coefficient urotoxique de 0,219.

Pendant ces quelques jours la démente est calme. Le 15, le coefficient est tombé à 0,131 et le 16 à 0,137; dans ia nuit qui suit cette dernière expérience, éclate un violent délire qui persiste le 17 et au cours duquel la malade, debout continuellement, se couche dans le lit de sa voisine ou sort du dortoir pour aller voir son mari, qu’elle aurait, dit-elle, vu la veille, après lequel elle s'ennuie et qui l'attend dans une salle voisine. Le calme revient le 18 au matin et quand alors on demande à C... si elle attend encore son mari, elle répond : « Ma foi, je n'en sais rien ». A ce moment, le coefficient urotoxique est remonté à 0,200.

Il est encore à 0,170 le 19; le 20 octobre, il est

notablement abaissé, à 0,117; mais la malade est consüipée, cette constipation, datant de deux jours, persiste encore le 21 octobre. Craignant de voir apparaître du délire qu'on pourrait imputer à la rétention des matières fécales (cette dernière est une cause de délire chez les déments séniles) (1), nous ordonnons un purgatif, mais nous avons le tort de le donner sous forme de sels de soude, ce qui nous oblige à abandonner nos expériences pendant quelques jours pour laisser le temps à l'organisme d'éliminer ces sels toxiques. Dans tout cet intervalle, CG... reste calme.

Elle l’est encore le 3 novembre. Le 4, le coefficient est d'une grande faiblesse, à 0,087 ; dans la journée, la malade nous dit (détail futile en apparence): « Il fait froid, je voudrais des maquehons »; nous n’attachons aucune importance à ces paroles dont nous ne comprenons le sens qu'en partie, et avant de quitter Saint- Julien, par analogte avec ce qui s'était passé le 16 octobre, la toxicité urinaire étant notablement diminuée, nous avertissons le personnel que la démente présenterait de l'agitation sous peu et sans doute pendant la nuit. Le lendemain, les malades, qui couchent dans la même salle que C..., se plaignent à nous qu'elles ont été réveillées : C... s'était levée vers onze heures du soir, s'était habillée, était allée à la charrue, criant hue.. dia! pour exciter ses chevaux et se baissant de temps en temps pour ramasser des objets qu'elle mettait dans sa robe relevée en corbeille. Répri-

mandée par une malade, C... était retournée à son

(1) Stroup. Kecherches sur la constipation chez le vieillard, Thèse de Nancy,

21 octobre.

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