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CHAPITRE II

Historique de la démence sénile.

La démence sénile est connue de tout temps, et, personne à notre connaissance n’a tenté de faire son historique d’une manière complète. Les matériaux sont nombreux et épars. Pour la clarté du sujet, nous les avons groupés en deux périodes ‘distinctes. La première s'étend de l'antiquité à la fin du xvIn siècle, époque où Pinel imprime à cette maladie un caractère scientifique; la deuxième, remplie d'étades anatomo-pathologiques, comprend le xIx° siècle.

PREMIÈRE PÉRIODE (1). — Faut-il rappeler le procès de Sophocle, qui, au témoignage de Plutarque et de Cicéron, se Jjustifia de l’accusation de démence portée contre lui par ses fils, en lisant à ses juges quelques passages de l'Œdipe à Colonne qu'il venait de composer à plus de quatre-vingts ans. A cette

(1) Dans l'antiquité, chez les Celtes, au moyen âge chez les Danoïs et les Goths, le dément sénile était voué au mépris. La religion de ces peuples assignait un souterrain affreux et plein d'animaux venimeux à ceux qui mouraient de maladies et de décrépitude. Aussi les vieillards étaient-ils dans l'habitude de se suicider ou de se faire tuer par leurs compagnons. Chez les Goths, la mort de ceux qui succombaient à la fatigue de l’âge, était appelée Kerlingedande, c’est-à-dire mort de vieilles femmes.

Des coutumes analogues se rencontraient dans lantiquité, chez ia plupart des peuples septentrionaux. Les Thraces, les Venèdes, les Hlérules, les Brussiens, les Serres, se tuaient eux-mémes quand ils étaient parvenus à la vieillesse ou donnaient la mort à leurs pères qui la recevaient comme un bienfait.

Brierre de Boismont : Suicide dans l'antiquité et au moyen-âge. In Annales

médico-psychologiques, 1851.

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