‹ La démocratie autoritaire aux États-Unis: le général André JacksonChapitre 21 sur 31 · Thirty Yeafs View, L c · texte numérisé non relu

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de Jackson consiste à soutenir qu'ayant, au début de la campagne, offert à Monroe de s'emparer de la Floride, il avait du se croire autorisé par son silence, et que, sa lettre n'ayant pu être ignorée de Calhoun, il était en droit de compter sur l'appui de ce dernier. Il part de là pour l'accuser de duplicité et de trahison, et pour déclarer qu'on en trouverait difficilement un autre exemple « dans l'histoire du monde ».

La publication de la brochure de Calhoun rendait impossible le maintien d'un cabinet dont faisaient partie trois de ses amis. Les relations avaient d'ailleurs cessé depuis plus d'un an entre les deux fractions hostiles de ce cabinet. Au mois d'avril 1831, Van Buren el Eaton donnèrent leur démission, et le président pourvut au remplacement de leurs collègues, à l'exception de Barry, qui conserva, jusqu'en ASSbylesïonciiomdepostmastergeneraLE&wdird Livingston fut nommé secrétaire d'État; Mac- Lane, secrétaire .de la trésorerie; Lewis Cass, secrétaire de la guerre; Levi Woodbury, du New-Hampshire, qui venait d'abandonner son

siège au sénat pour faire élire à sa place Isaac Hill, devint secrétaire delà marine. Le président choisit pour attorney gênerai Taney , ancien fédéraliste et légiste distingué du Maryland.

C'était la première fois qu'on voyait aux États-Unis la dissolution d'un cabinet avant la fin d'une présidence. L'opposition affecta de présenter cette crise comme un symptôme d'affaiblissement et de décomposition des forces gouvernementales; mais, en réalité, la constitution d'un cabinet uni et discipliné, étroitement associé aux vues et aux tendances du président, assurait à l'administration une force nouvelle.

Le major Eaton reçut, à titre de compensation, pour le sacrifice de son portefeuille, le poste de gouverneur de la Floride*. Van Buren fut nommé, en remplacement de Mac-Lane, ministre plénipotentiare à Londres. 11 s'était déjà rendu à son nouveau poste lorsque sa

1. n fut, depuis, ministre d'Espagne, puis se brouilla avec Jackson et se raUia vers 1840 au parti whig. Sa femme mourut oubliée en 1878.

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nomination fut soamise à la ratification du sénat. Ses adversaires lui firent un grief des instructions qu'il avait données, comme secrétaire d'État, à Mac-Lane à Toccasion de la reprise des négociations relatives au commerce avec les Indes orientales, et dans lesquelles il le chargeait de représenter au gouvernement britannique que les dernières élections avaient enlevé le pouvoir au parti dont Fattitude avait compromis le succès des négociations antérieures. Ils insistaient, à bon droit, sur le grave inconvénient qu*il y a, pour une république, à faire intervenir les questions de parti dans les relations avec les puissances étrangères , et à laisser supposer que les négociations suivies avec la nation peuvent se trouver modifiées ou rompues au gré des fluctuations de la politique intérieure. La voix prépondérante du vice-président, qui avait fait confirmer la nomination d'AmosKendall, entraîna le rejet de celle de Van Buren.

En vengeant son injure, Calhoun avait savouré le plaisir des dieux; mais le coup dont il venait

de frapper Jackson dans ses amitiés et dans son orgueil n'avait fait qu'enflammer les ardeurs de la lutte et qu'accroître les chances de succès de son rival.

Nord et Sud. — La question du tarif et celle deTesclavage. — Le tarif de 1828. — La nullification. — Débats au congrès.

— Hayne et Webster. — Calhoun, son rôle et ses doctrines.

— Premières tentatives de sécession. — Résistance de Jackson. — Force-bill, — Compromis de Clay.

Les querelles de personnes que nous venons de raconter n'avaient été que les préludes ou les épisodes d'un plus redoutable conflit. La lutte du Nord et du Sud venait d'éclater, et les plus graves problèmes constitutionnels étaient posés devant le pays. La crise qu'allaient traverser les États-Unis était, en réalité, le prologue du grand drame qui devait avoir pour dénouement la rébellion de 1861, le triomphe chère-

ment acheté de l'Union, et l'abolition de l'esclavage.

Nous avons précédemment rappelé dans quelles circonslances s'était établi, aux États- Unis, le régime protecteur. La guerre de 4842, en fermant aux produits des manufactures étrangères les frontières de la république américaine, y avait provoqué la création ou le développement hâtif d'un nombre considérable d'industries. A la suite du rétablissement de la paix, les hommes politiques de tous les partis reconnurent la nécessité de protéger ces industries naissantes contre le retour soudain de la concurrence étrangère, en même temps qu'ils se préoccupaient d'assurer au gouvernement fédéral des ressources suffisantes pour éteindre la dette énorme que la guerre lui avait léguée. Ce fut l'origine du tarif de 4846, que les états du Sud et ceux du Nord acceptèrent dans un sentiment commun de patriotisme. Calhoun le défendit à la Chambre des représentants, et déclara qu*à ses yeux, le développement de l'industrie nationale él^ait « un intérêt esscn-

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liellement américain, un moyen de rattacher plus étroitement les unes aux autres les différentes parties de la République et de cimenter leur union*. >

Il fut moins aisé de faire accepter aux états du Sud l'élévation des droits prolecteurs en 1824- et rétablissement de ce qu'on nomma le ^yième américain. Galhoun, dont l'attachement à la cause de l'Union ne s'était pas encore démenti, s'efforça de calmer l'irritation de ses compatriotes, et, dans un discours prononcé à un banquet qui lui avait été offert dans l'état de Géorgie, il protesta énergiquement contre la pensée d'une '< action concertée des états pour la défense d'intérêts seciionnek », proclamant qu'un tel concert était < contraire à l'esprit de la constitution ».

Ce sera cependant un concert de ce genre que nous verrons s'établir entre les états du Sud à la suite du vote du tarif de 1828, et ce sera Galhoun lui-même qui en sera le principal instigateur.

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