‹ La démocratie autoritaire aux États-Unis: le général André JacksonChapitre 23 sur 31 · Western Travel, p · texte numérisé non relu

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LE GÉNÉRAL ANDRÉ JACKSON n^

Son aspect n'était pas moins frappant dans la vie ordinaire. Concentré dans son unique pensée, indifférent et comme étranger à ce qui se passait autour de lui, incapable de subir l'influence d'une autre intelligence, il ne prenait la parole que pour exposer d'un ton dogmatique qui repoussait toute contradiction ses théories politiques et sociales. « Son esprit, dit miss Marlineau, a depuis longtemps perdu la faculté de communiquer avec autrui... Je n'ai jamais vu personne vivre dans un isolement intellectuel aussi absolu. Il n'est plus en son pouvoir de détendre son esprit... Personne ne m'a jamais donné aussi complètement l'idée de la possession. »

Tel était l'homme dans lequel allait, pendant vingt ans, se personnifier la cause du Sud. Il était de la race si dangereuse en politique des fanatiques et des logiciens. Ce n'était pas le chef d'un parti : c'était l'apôtre inflexible et intransigeant d'une doctrine. Nous avons vu, dans V Exposition de 4828, la première formule de cette doctrine. Calhoun la développa de nouveau

en termes plus absolus dans une « Adresse au peuple de la Caroline du Sud » qui parut le 26 juillet 4834 dans le Pendleton Messenger et dans laquelle il déclarait nettement que le gouvernement fédéral ne devait être que « Tagent des États souverains ». Il lui donna son expression complète et définitive dans un troisième manifeste, publié le 28 août de Tannée suivante, sous la forme d'une Lettre au gouverneur Hamilton. On doit considérer ce document comme l'exposition classique de la théorie de la souveraineté des États, et l'on a pu dire à juste titre qu'à l'époque de la Sécession, le Sud n'avait fait que suivre de point en point ce programme *. L'auteur part de cette idée que, non seulement la constitution n'est pas l'œuvre collective du peuple américain, mais que, comme corps politique, le peuple américain n'a jamais existé; il soutient que l'Union n'a été établie qu'entre des États libres et indépendants et qu'il n'existe pas de lien direct et immédiat entre les citoyens

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