‹ La démocratie autoritaire aux États-Unis: le général André JacksonChapitre 8 sur 31 · T. I, p. 15 et · texte numérisé non relu

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Ces succès avaient soutenu le moral des troupes; mais l'insuffisance des approvisionnements ne tarda pas à se faire sentir : les convois attendus par le général n'arrivèrent pas aux époques fixées ; un sourd mécontentement se manifesta dans les rangs delà petite armée condamnée à l'inaction et affaiblie par les privations ; la rébellion éclata dans la milice dont les officiers, choisis pour la plupart parmi des politiciens de bas étage, se faisaient les interprètes dociles des exigences de leurs soldats; elle gagna bientôt les volontaires et le général parvint à grand'peine à contenir l'effervescence croissante de ses troupes.

Les convois si impatiemment réclamés arrivèrent enfin : un troupeau de bestiaux fut arrêté par les soldats avant d'arriver au camp, abattu, dépecé et dévoré sur place. Les volontaires n'en persistèrent pas moins à refuser le service et annoncèrent la résolution de reprendre le chemin du Tennessee. Jackson, isolé et sans ressources au milieu de soldats révoltés, ne pouvait compter que sur son énergie person-

nelle. Comme d'ordinaire, elle ne lui fit pas défaut. Les mutins le virent se présentera eux, à cheval, entouré d'une poignée d'hommes restés fidèles ; le bras en écharpe et tenant d'une main un fusil qu'il appuyait sur l'épaule de son cheval, il. menaça de faire feu sur le premier qui désobéirait à ses ordres*. Les rebelles, intimidés par son aspect et par son langage, rentrèrent dans le devoir et regagnèrent leurs cantonnements du fort Strother.

« En de seriiblables occurrences, dit M. Parton, la tenue, l'attitude, le langage du général Jackson étaient véritablement terrifiants... Il avait une façon de jurer qu'il avait élevée à la hauteur d'un talent. Il écrasait ceux qui étaient l'objet de sa colère sous une bordée de jurons tout à fait originaux et, comme il avait conscience de cette faculté, il affectait volontiers une colère qu'il ne ressentait pas, pour arriver à ses fins, en inspirant à ses adversaires une terreur sans motifs réels. »

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