‹ La démocratie devant la science; études critiques sur l'hérédité, la concurrence et la différenciation. 3. éd. augm. d'une préf. sur la sociologie monarchiste 1923Chapitre 22 sur 161 · Revue de Paris, rer cct · texte numérisé non relu

Revue de Paris, rer cct

Bouczé. — Dén ocratie. à

SS

« La pensée de ce combat universel est triste; maïs pour nous consoler nous avons la certitude... que ce sont les êtres les plus vigoureux, les plus sains et les plus heureux qui survivent et se multiplient... C’est ainsi que de la guerre naturelle, de la famine et de la mort résulte directement l'effet le plus admirable que nous puissions concevoir : la formation lente des êtres supérieurs" ». C’est donc la pression exercée par les êtres les uns sur les autres qui, en diversifiant et en améliorant leurs types, produit l'ascension des races. Tout s’enchaîne automatiquement: la surproduction détermine la concurrence, qui détermine à son tour la sélection. Ainsi, sans quil y ait personne pour les élire, les meilleurs sont élus par la force des choses.

On voit, par ce bref résumé, combien fut lourde l'erreur de ceux qui n’aperçurent, dans le darwinisme, qu'une restauration paradoxale de l’anthropomorphisme”. «La nature douée d'élection ! s’écriait Flourens. Dernière erreur du dermer siècle ! Le xix° siècle ne fait plus de personnifications… » Mais Darwin avait prévu et paré la critique. Il avait averti qu’on ne prit pas à la lettre des métaphores nécessaires. Vous parlez d’affinité en chimie ou d’attraction en astronomie sans imaginer pourtant que l'acide recherche la base ou que le soleil ame la terre. Ainsi vous faut-il parler de sélection en biologie sans attribuer à la nature on ne sait quelles options conscientes”. « Il est malaisé, ajoutait-il, d'éviter de personnifier le mot nature; mais par nature, j’entends seulement l’action combinée et les résultats complexes d’un grand nombre de lois naturelles, et par lois Ja série des faits que

nous avons reconnus “ ».

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