‹ La démocratie et le travailChapitre 13 sur 46 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

Sans nier la force et même le charme un peu sévère de ces morceaux, on ne peut manquer d'observer que l'idée mythique, introduite dans le socialisme, a pour etîet de reporter aussi aux calendes l'avènement de la Révolution prolétarienne : un des élèves de Sorel, dégageant sa pensée, dit nettement : a Nous n'entendons fixer ni le jour ni l'époque qui mettra aux prises salariés et salariants. Il n'appartient à aucune force humaine de l'indiquer^ ».

Pour ne laisser aucun doute, je cite un autre militant, disciple non moins docile et exact du maître : « Il n'y a ni date ni plan à assigner à la révolte ouvrière. Peu importe que ce heurt final, dont on entrevoit, plus ou moins^ la possibilité dans le lointain, s'effectue tôt ou tard. L'action révolutionnaire de chaque jour ne s'en produira pas moins... Vous comprenez, maintenant, pourquoi le syndicalisme se prétend dégagé de toute utopie et se rit de la manie prophétique des partis socialistes d'annoncer, chaque veille pour chaque lendemain, la révolution sociale... 11 lui suffit d'allier l'esprit de lutte et l'esprit positif pour pouvoir tranquillement remettre ses destinées aux soins de l'histoire'^. »

« L'histoire », c'est, loin! Peut-être y a-t-il, dans cette patience extrême, quelque feinte.

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