INTRODUCTION XXXI
qu'ils ont enfoncée : « la maison est à nous » : « Les révoltés avaient été, tout d'abord, enivrés par l'idée que leur volonté ne devrait rencontrer aucun obstacle puisqu'ils étaient le nombre ; il leur semblait évident qu'ils n'auraient qu'à désigner des délégués pour formuler une nouvelle légalité conforme à leurs besoins; mais voilà qu'ils acceptent la direction d'hommes qui ont d'autres intérêts que les leurs; ces hommes veulent bien leur rendre service, mais à la condition que les masses leur livreront l'État, objet de leur convoitise. . . On pourrait donc dire que, par une sorte de paradoxe, les hommes politiques, qui se regardent comme les vrais détenteurs de l'idée révolutionnaire, sont des conservateurs. Mais, après tout, est-ce que la Convention a été autre chose? N'a-t-on pas souvent dit qu'elle avait continué les traditions de Louis XIV et préparé les voies à Napoléon ^ »?
Tel est donc l'état présent du socialisme : en tant que parti, il s'est défait et effiloché, en quelque sorte, par en haut et par en bas : par en haut, ses chefs les plus distingués, des hommes d'énergie, d'expérience, de talent, le quittent, les uns après les autres, ne laissant guère, dans le camp qu'ils abandonnent, que des adversaires d'un jour ou des candidats prochains à une sem-