‹ La démocratie et le travailChapitre 22 sur 46 · INTRODUCTION XXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIX

Travail physique, travail intellectuel, travail j >,. moral, par le travail, rhomme se surpasse et 1^*3 devient, à proprement parler, surhomme. Il n'y a 1 qu'un honneur : c'est le travail, il n'y a qu'une 7 / ^^ noblesse, c'est le travail; il n'y a qu'un repos, | ^ ^ c'est le travail. .-u, v^.-*«^ : - '^ ■""**►

M^'^lbl du travail est une force moralisatrice " • adaptée aux âges modernes, parce qu'elle est démocratique et égalitaire. Si nos mœurs, nos mœurs familiales, nos mœurs scolaires, nos mœurs sociales, se transformaient dans le sens de la réhabilitation du travail, la plupart des difficultés seraient aplanies.

De l'erreur séculaire, il nous reste ceci, qu'il faut encore plaider la cause du travail, non seulement auprès des paresseux, mais auprès des travailleurs.

Le travailleur admet, sans plus grande réflexion, parce qu'on le lui a toujours répété, que le travail lui est une peine, une souffrance, une diminution, j Le bienfait du travail, qui le soutient et le relève I chaque jour, il ne veut pas le reconnaître, alors J que, sT ce support lui manquait, il languirait dans i celte triste anémie qu'est le désœuvrement.

Lé*'tf3L?ïîr est un rythme, une pulsation, une cadence qui achèvent Tharmonie vitale. La dilatation du poumon qui respire, la poussée du cœur qui bat se prolongent en la contraction du biceps qui agit, en la congestion du cerveau qui

pense. Pourquoi le sang frapperait-il si violemment à la paroi de l'artère si ce n'était pour la gonfler et l'amplifier jusqu'à ce qu'elle projette le corps dans l'entreprise et entraîne le geste jusqu'à relYort? Agir, produire, employer sa force, soulager ses nerfs, verser son trop-plein, quelles délices !

Le travailleur travaille, d'abord, par nécessité : c'est le prix escompté du travail qui lui met l'outil à la main ; puis, il travaille par imitation et accoutumance : il voit l'univers au labeur et il lui tarde de se mêler au bourdonnement de la ruche; enfin, il travaille par plaisir et allégresse; c'est une expansion. Son corps et son cœur excités sont impatients du repos. Il a, enfin, trouvé sa voie et sa joie quand il s'est donné au labeur et qu'il a institué, en lui, le religion de l'Effort.

Pascal disait : appliquez-vous à la prière ; abêtissez-vous. Il faut dire, à la piété d'aujourd'hui : appliquez-vous au travail, ennoblissezvous I

il n'y a pas de travail bas, il n'y a pas de travail inutile, il n'y a pas de travail dédaignable. Il n'y a pas de catégories dans le travail, pas plus qu'il n'y a de catégories dans l'amour. Travail manuel, travail intellectuel, travail pratique, travail esthétique, tout ce qui implique assiduité, tension, victoire sur la nature intérieure et la nature extérieure est au même rang. Quand le

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