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socialiste qu'elle s'accomplit, et le mot même n'est pas assez fort, c'est bel et bien d'une crise qu'il s'agit. Le Collectivisme a fait son temps; son frère ennemi, le Syndicalisme, lui a pris les cartes des mains. De savoir comment il joue la partie et la jouera, c'est autre chose. Mais, il est bien permis de le constater, dès maintenant, le programme collectiviste ou communiste, avant même d'avoir été formulé pratiquement ou spécieusement par le plus considérable de ses chefs, est remisé. Il est entré, comme tant d'autres théories brillantes et éphémères, au vestiaire.
Les masses ouvrières ayant en main un instrument légal : le Syndicat, en usent sans tant d'histoires. Fatiguées de bayer aux corneilles et d'attendre le jour où, tout étant détruit, tout sera à reconstruire, elles plantent là les architectes de chimères et les assembleurs de nuées, elles acceptent la société, quitte à tirer d'elle le plus de profit par les moyens de pression les plus immédiats.
Et je dis que ce fait patent, indéniable, est, malgré tout, un progrès. Le Syndicat a tous les défauts qu'il vous plaît de lui reconnaître et quelques autres que vou's lui reconnaîtrez à l'oser: il est exigeant, taquin, imprévoyant: le Syndicat s'affirme révolutionnaire; oui. Mais, tel
quel, le Syndicat est une organisation; le Syndicat vise à des résultats compréhensibles, tangibles; le Syndicat représente un intérêt précis et nettement délimité : celui de la profession.
Par conséquent, son existence et sa diftusion constituent, pour aujourd'hui ou pour demain, un élément de pacification. S'il détrône l'idéologie marxiste, il aura singulièrement aidé à la nécessaire clarté des affaires humaines.
Ne vous paraît-il pas de plus en plus évident, d'après ce qui se passe, non seulement en France, mais au dehors, que la profession^ l'aptitude professionnelle et, par suite, V organisation professionnelle sont en train de devenir les ferments indispensables des futures combinaisons sociales.
Rien de plus naturel, d'ailleurs. Partout, la démocratie l'emporte. Or, que fait la démocratie? Elle travaille. Donc le travail est le nerf de son action et, par suite, de son organisation. Gomme toujours, le fait crée l'idée et la force : on appelle cela, maintenant, les idées- forces ; autant dire les faits réfléchis et idéalisés.
L'esprit de caste, l'esprit de clocher, l'esprit de secte s'affaiblissant, c'est l'esprit de corps qui prend le dessus. Gomme les hommes ont