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INTRODUCTION VII

Le fait est assez considérable et « suggestif», comme on dit, pour que le détail mérite d'être relevé : il est connexe, en effet, à la naissance de la Confédération Générale du Travail :

« Coupât a dit, qu'avant 1900, la G. G. T. n'avait pas prêté le flanc aux critiques. Oui, parce qu'elle n'existait pas. Il a ajouté que l'entrée de Millerand au ministère a donné naissance à cet état d'esprit. Rappelons des faits peu connus :

M A peine Millerand ministre, parut une déclaration signée-, de Keufer, Baume, Moreau, en faisant suivre leurs noms de leur qualité de secrétaires d'organisation, etc., approuvant son acte... Puis, à rUnion des Syndicats de la Seine, on vint proposer un banquet à Millerand. Seul, je m'y opposai... Au lendemain de Chalon, les membres de la Commission de la Bourse du Travail reçurent, pour eux et leurs familles, une invitation à une soirée du Ministre du Commerce; deux jours après, nouvelle invitation — de Galliffet celle-là! — pour un carrousel. Que voulait-on? nous domestiquer! Nous fûmes deux à protester et à propagander contre. Nous dévoilâmes ces ma-

(Ic (jut'sdc et de ses amis. Et qui ne se souvient de ce vote lameux par où ils s'opposèrent à l'abrogation des lois scélérates pour sauver le ministère? Plus tard, le ministère Combes devait grouper autour de lui l'unanimité des réformistes et des révolutionnaires du socialisme... » IIuBKHT LA(iAHDEi,Li:. Sli/ndicolisme et Socialisme, 1907 p. 40.

nœuvres et, petit à petit, nous finîmes par faire voir clair aux camarades. L'explosion de vitalité de la C. G. T. résulte de ces événements. Il y eut une coalition d'anarchistes, de guesdistes, de blanquistes, d'allemanistes et d'éléments divers pour isoler du pouvoir les syndicats; cette coalition s'est maintenue : elle a été la vie de la Confédération i. »

Voici donc, d'après un homme averti, une indication précise de l'heure où le socialisme parlementaire fut rejeté et des conditions dans lesquelles la C. G. T. naquit. N'exagérons pas l'importance doctrinaire : i4 ya, là-dessous, beaucoup de sentiments médiocres et de petites histoires.

D'ailleurs, s'il fallait ^marquer tous les incidents des « épurations » qui s'accomplissent continuellement au sein du parti, on n'en finirait pas : allemanistes contre broussistes, possibilistes contre intransigeants, syndicalistes, présyndicalistes, anarchistes, communistes, marxistes, guesdistes, groupes et sous-groupes, se font une guerre parfois sourde, parfois publique, mais toujours acharnée. 11 n'est pas comme ces schismatiques pour manier l'excommunication. L'unité proclamée dans les Congrès n'est qu'un mot : ce ne sont pas les ordres du jour qu'il faut lire,

J. Ibid., \). GO.

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