JC
Elle aurait plus de confiance dans les nobles passions de la nature humaine, et moins d’indulgence |)our ses vices, cyniquement étalés au grand jour. Elle ouvrirait ou laisserait ouvrir, sans autorisation préalable, à la politique, à la philosophie, à la litiérature, les amphithéâtres où se presse la foule, tout en ayant l’œil, l’oreille et la main sur ce qui s’y peut dire ou faire de malsain pour les mœurs ou de dangereux pour l’ordre; mais elle n’hésiterait point à fermer les maisons de tolérance , les maisons de jeu , les loteries, tous les lieux suspects à la morale publique. Il peut se rencontrer des gouvernements qui aient intérêt à éteindre les passions de l’esprit, et à réveiller celles de la bête. La démocratie a un intérêt contraire. Tout vice lui nuit ; toute vertu , toute noble |)assion la sert. Ce qu’elle pardonnerait le moins à son gouvernement, ce serait de l’abrutir pour la calmer, d’assurer son repos au préjudice de sa liberté et de sa dignité.
Voilà pour le but et l’objet de la police. Quant à la part qui peut y être faite aux citoyens parla démocratie, il est nécessaire, pour la fixer, de rentrer dans la distinction déjà établie des affaires de l’État et des affaires de la cité. Il y a une certaine police qui est affaire d’État; c’est celle (jui concerne la sûreté de l’État et du gouvernement, et qui intéresse particulièrement l’ordre public. A cette police revient la mission de surveiller les factions, d’assurer l’exécution matérielle des lois contre les violences et les résistances individuelles ou collectives, de veiller sur les personnes et les propriétés, en dehors de la cité. La police des grandes routes, la saisie des malfaiteurs, la répression des factieux et des rebelles à la loi sont des actes qui exigent la force, l’énergie, le dévouement des gens du métier. Quand il s’agit de risquer sa vie, de lutter de ruse ou d’audace contre des malfaiteurs, de mettre la main sur des ennemis ou des amis politiques, l’intervention des agents de l’État semble nécessaire. Les citoyens, les pères de famille sont peu propres à cette rude et difficile besogne. Il est dans la cité de ces mesures qui compromettraient les membres de la cité, et que l’État seul peut exécuter.
II est une autre police, toute de surveillance, d’inspection, de