‹ La democratieChapitre 45 sur 67 · U POUCE · texte numérisé non relu

U POUCE

tioQ soit une nécessité de la politique pratique, dans un temps donné. Mais alors c'est un signe certain que le moment de la démocratie n’est point encore venu.

Dans une Société vraiment démocratique, tous les citoyens prennent également part au gouvernement et à l’administration de la Commune affranchie de la tutelle de l’État. Tout ce qui concerne l’ordre, la sécurité, la liberté, les intérêts moraux et matériels de la Commune, se fait par les magistrats sortis de l’élection populaire, et par les fonclionnaires nommés par ces magistrats. L’Etat réserve son initiative pour les œuvres de police générale et les affaires d’administration nationale. Là, son droit est absolu, et son action exclut toute ingérence privée ou communale. La distinction ne saurait être trop nette, toute confusion de ce genre ayant pour conséquence le désordre et l’anardiie. Quant à la police des actes et à l’administration des affaires de la Commune, l’État n’y a ni droit d’action, ni droit d’autorisation; il ne conserve qu’un droit de surveillance et d’inspection. Pour l’État démocratique, la Commune n’est pas un enfant à tenir en tutelle, mais un homme qu’on laisse agir sous sa responsabilité, tout en lui donnant des avis et des conseils. Pour que l’État se décide à replacer une Commune sous sa tutelle, il faut une de ces incapacités morales qui font retomber le majeur en minorité.

Si toutes les affaires de police ou d’administration pouvaient se ramener aux deux catégories dont il vient d’être question, le problème des rapports de la Commune et de l’État serait d’une solution facile dans la pratique. Mais, outre les affaires exclusivement communales ou exclusivement nationales, il en existe d’autres d’un caractère complexe, qui ont un intérêt communal et un intérêt national tout à la fois. L’administration de la justice, de l’instruction publique, de l’armée, des finances, ne relève jamais que de l’État, bien que les fonctionnaires fassent partie de la cité, et que leur service y ait sou siège. Au contraire, la police de la Commune, les constructions et les institutions qui répondent à ses convenances diverses ne relèvent que de l’autorité municipale. Mais il est tel établissement d’éducation, de santé, tel monument

LA POLICE

Page 1