CHAPITRE PREMIER
LE COCVEKNEMENT.
Il semble, au premier abord, que la distinction de YÉtat et du Gouvernement soit plus nominale que réelle. Qu’est-ce que le premier sans le second? Un être abstrait, une idée, un principe. Il est certain que c’est le Gouvernement qui donne le mouvement, la vie, la réalité à cette abstraction. Mais, en réalisant l’État, le Gouvernement le complique plus ou moins d’éléments personnels, qui en altèrent ou du moins peuvent en altérer l’essence pure et impersonnelle. C’est ce qui fait l’importance de la distinction énoncée ci-dessus. Elle est si bien fondée, qu’il n’est pas de citoyen qui ne’ sache l’appliquer au besoin, dans l’exercice de ses droits et de ses devoirs. Servir l’État, et servir le GouvernemÆt sont deux locutions qui n'ont pas du tout le même sens pour lui. Un fonctionnaire sert l’État, quand il borne strictement son action au service de l’intérêt social correspondant à la fonction qu’il exerce. Il sert le Gouvernement, alors qu’il étend son zèle aux intérêts et aux vues personnelles des individus ou des partis qui sont les organes plus ou moins provisoires de l’autorité publique. La différence des sentiments et des actes des fonctionnaires fait nettement ressortir cette distinction. Le dévouement à l’État est toujours pur et honorable , sous tous les régimes , et dans toutes les circonstances. Le dévouement au Gouvernement est toujours