‹ La Démocratie Industrielle et les Comités d'Entreprise en SuèdeChapitre 16 sur 89 · LE DÉBAT. SUR LA DÉMOCRATIE INDUSTRIELLE ET LES RREMVIERS ESSAIS · texte numérisé non relu

LE DÉBAT. SUR LA DÉMOCRATIE INDUSTRIELLE ET LES RREMVIERS ESSAIS

On parle actuellement beaucoup en Suède de « Démocratie industrielle » (Industriel demokrati) ou de « Démocratie d’en-

treprise » (Füretagsdemokrati), que ce soit dans les débats politiques qui précèdent les. élections, dans la presse syndicale ou dans les grands travaux de rationalisation et de planification de l’économie d’après-guerre. C’est d’ailleurs surtout de chez L. O. que viennent les revendications : le Congrès de L. O. de 1920 déclare que la question de la démocratie industrielle

doit être posée en fondement dans les travaux des organisa-

tions de travailleurs. Le Congrès de 1930 demande pour les syndicats le droit de coopérer à la préparation et à la réalisation des mesures de rationalisation, pour défendre les droits des travailleurs, à la sécurité économique. Plus audacieux, le Congrès de 1936 réclame dans une motion des mesures destinées à empêcher le libre jeu du capitalisme privé dans l’industrie, et demande que l’on trouve le moyen, pour les ouvriers, d’exercer une influence sur la politique économique de l’entre-

prise. Le même thème est repris au Congrès de 1941 où il est

déclaré que les revendications sans cesse croissantes des mouvements syndicaux rendaient nécessaire une nouvelle structure économique et sociale, et qu’il fallait reconnaître aux travailleurs, le droit de coopérer à l’élaboration et à la réalisation des réformes à apporter à la structure de l'entreprise, que les problèmes envisagés soient d’ordre technique, administratif ou économique. Enfin, dans le point 27 du « programme syndical

d’après guerre » on réclame plus de AÉmoaUe à l'intérieur de l’entreprise.

De ces revendications en nee li on peut dégager la notion suivante : les syndicats ne pensent pas que leur activité se limite aux questions de salaires et de conditions de travail; ils estiment aussi avoir leur mot à dire en matière de direction et d'administration de l’entreprise. Et c est ce qu’ils appellent la démocratie industrielle. C’est cette notion de démocratie industrielle qu’il s’agit maintenant de pee en la dégageant de notions voisines.

La DÉRIERS question qui se présente à l'esprit est la suivante : pourquoi introduire une expression nouvelle, quand, ° les Re des travailleurs à participer à la gestion de l'entreprise peuvent très bien être rangées dans un programme d'économie démocratique, tout simplement ? C’est là, dira-t-on, une pure question de terminologie, (ar on ne saurait concevoir un système de participation ouvrière à la gestion des entreprises que dans une économie déjà suffisamment développée. sûr le plan démocratique. La réciproque n est pourtant pas tout à fait exacte, et on peut très bien concevoir une économie démocratique poussée, dans la plupart des secteurs, par une politique socialiste d’investissements ou d'orientation de la production, sans que les travailleurs n’obtiennent de droits : très étendus à l’intérieur de leur propre entreprise. Il est même arrivé que des changements se soient produits dans la direction ou dans le mode de propriété de cette entreprise (par introduction par exemple du système coopératif) sans que les travailleurs n’obtiennent de droits importants en ce qui concerne la marche et la direction de l’entreprise. Il faut donc reconnaître deux formes de démocratie, la forme centrale, la plus ‘ancienne, qui régit l’ensemble de l’économie du pays; et la forme locale, à l'échelon centre de travail, la forme récente qui tend à établir une collaboration entre patrons et ouvriers pour la gestion de l’entreprise, et que l’on désigne sous le nom de démocratie industrielle, -

Mais il est impossible d'établir des frontières ra précises, et de délimiter le champ d'activité des organisations locales et de l'organisme central : il est trop de questions qui inter-

fèrent; l'Etat ne peut pas se désintéresser par exemple des mesures de rationalisation qui font partie du plan d'économie générale; et les répercussions sociales de ces mesures sont trop importantes pour que les groupements locaux s’en désintéressent. La démocratie industrielle se trouve donc liée à l’économie démocratique. |

Il est une assimilation que l'on fait volontiers du côté patronal, c’est celle entre démocratie industrielle et démagogie,

et même désordre. Il ne semble pourtant pas tout à fait impos- sible de concevoir une coopération sensée, intelligente d’un personnel éduqué et intéressé à l'exploitation : il y a jusqu’à présent plus d’exemples de coopération fructueuse que de désordres. ;

Plus intéressante est la distinction entre démocratie industrielle et démocratie d'entreprise, car elle soulève tout le problème de l'intervention syndicale dans les comités d’entreprise. En principe, le comité formé entre patron et ouvriers en dehors de toute, intervention syndicale, appartient à la démocratie d'entreprise alors que, en cas d’intervention, ce qui est beaucoup plus fréquent, il appartient à la démocratie industrielle. Mais c’est là une distinction assez théorique, et, dans la pratique, on confond souvent les deux expressions.

La démocratie industrielle, sous cette forme de coopération active de la direction et des travailleurs à la bonne marche de l’entreprise, a fait l’objet de longs débats passionnés, tandis que certaines entreprises isolées effectuaient déjà de premiers essais. Ces discussions et ces premières expériences ont servi de base à l'élaboration des actuels comités d'entreprise.

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