CHAPITRE HI
L'étude des deux premiers essais d'introduction de la démocratie industrielle .dans les entreprises suédoises, fait apparaître une différence considérable entre les comités des typographes, et ceux des entreprises de défense nationale. Les premiers, conçus entre les deux guerres, à un moment où certains droits syndicaux n'étaient pas encore très assurés, tendent surtout à une amélioration de la condition ouvrière, et à l'affirmation du droit de regard du personnel de l’entreprise en matière d'embauche et de renvoi de main-d'œuvre, nomination des contremaîtres et fixation des heures de travail, et des temps de congé. Les seconds, au contraire, rendus nécessaires par les besoins exceptionnels dés entreprises de la défense nationale, sont essentiellement orientés vers l’amélioration de la technique du travail, et l'augmentation de la production.
Cette différence de préoccupations se retrouve dans l’histoire des luttes et des négociations qui ont conduit à la convention sur les comités d'entreprise. La première période est tout entière marquée par la revendication ouvrière du droit à sa sécurité dans l'emploi; c’est une période de lutte ardente, . où le désir qu'a le mouvement syndical d'affirmer sa position étouffe souvent un peu l’idée de démocratie industrielle. La seconde période, qui commence avec la première convention de Saltsjôbaden en 1938, est plus calme, plus tournée vers la négociation; elle est surtout essentiellement orientée vers une adaptation de l’industrie aux nécessités de la production moderne, vers la rationalisation et l’accroissement du rendement.
LUTTÉS ET NÉGOCIATIONS | 39