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LES COMITÉS FINLANDAIS

L'influence des comités finlandais n’est pas aussi nette que celle des comités norvégiens; ces comités n’apparaissent que deux mois avant la convention de collaboration, et le système est autre, puisque c’est une loi qui régit l'institution finlandaise. Elle est certaine cependant, d’abord à cause de la communauté partielle de langue (1) et surtout parce que la Suède

1. La Finlande est un pays bilingue où l’on parle le finnois et le suédois.

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16e | SOURCES ET ORIGINES

se préoccupe “beaucoup de tout ce qui se passe dans cette ancienne province séparée. Cette sollicitude s’est marquée, depuis la fin de la guerre, par une quantité d’aides de toutes

sortes, et L. O. a pris à cœur d'appuyer, dans toute la mesure |

du possible, F. F. C., la confédération ouvrière finlandaise.

À la suite de la ruine apportée au pays par une guerre malheureuse, devant la nécessité de produire à tout prix, et ea l'absence de syndicats puissants, le gouvernement prit la question des comités en main, et promulgua une loi le 21 juin 1946,

avec entrée en application le 1° septembre suivant. Aux termes de cette loi, les comités d’entreprise sont obligatoirement établis dans les entreprises ayant rémunéré 120.000 heures de travail l’année précédant sa mise en application. Il n’est pas

tenu compte des heures supplémentaires. En comptant une moyenne de 2.400 heures de travail par ouvrier, chaque année, cela représente des entreprises de plus de 50 ouvriers. Les comités sont facultatifs dans les entreprises de moindre importance. La loi a de plus, un caractère pénal; ceux qui ne s$’ y soumettent pas, encourent des peines d'amende ou de prison.

Le nombre des représentants varie suivant l’importance de l’entreprise. Pour 240.000 heures de travail par exemple, il y a 3 représentants ouvriers, 2 représentants patronaux, ét 1 repré-

sentant employé. Les représentants ouvriers et employés sont

élus au vote secret par tous les ouvriers ou tous les employés de chaque service ayant servi dans l’entreprise plus de trois mois. Les élections sont organisées par l’homme de confiance ouvrier; en cas de difficulté, c’est le ministère des Affaires sociales qui décide. Pour être éligible, il faut avoir 21 ans accomplis et avoir un an de service effectif dans l’entreprise.

Il faut également être compétent dans son travail. Aucun : membre du comité ne peut être renvoyé sans raison valable,

raison qui doit être communiquée au comité et appréciée par celui-ci; pour cela, avis doit en être donné au moins quatre semaines avant la cessation des fonctions. Les délégués patronaux sont désignés par la direction.

Le comité se réunit au moins une fois tous les trois mois, en session ordinaire. La réunion a lieu pendant ou en dehors des heures de travail. Dans ce dernier cas, il est servi aux

délégués une indemnité égale à la moitié de celle qui est octroyée aux délégués des comités d'Etat. Les dépenses sont supportées par l'employeur qui doit, de pis fournir un local pour les réunions du comité. ; | Les travaux du comité sont dirigés par un président que 1e comité choisit dans son sein; il est alternativement, une année sur deux, choisi parmi les délégués ouvriers, puis patronaux. Le secrétaire du comité est ouvrier quand le RESAHENE est employeur.

* Les comités de production finlandais sont des organismes consultatifs. Leur compétence est assez étendue; ils reçoivent de la direction tous les renseignements relatifs à la marche de l’entreprise, son économie et sa situation au point de vue production. À partir de ces données, ils examinent les moyens d'accroître le rendement, et d'améliorer la technique du travail. Les comités sont, de plus, chargés de contrôler l’utilisation du combustible et des matières premières, ainsi que l'envoi des produits sur le marché. Ce dernier point est destiné à éviter les gaspillages dans la distribution, et l’accaparement. Une autre mission, qui résulte de la situation actuelle de la Finlande, consiste à faciliter l'équipement et l’approvisionnement des travailleurs. Le comité “doit encourager la formation technique et professionnelle des ouvriers, veiller aux conditions sanitaires, favoriser le bien-être dans les ateliers et organiser les loisirs. Aucun contrôle cependant n’est prévu en matière de congédiements de main-d'œuvre.

Une des fonctions les plus importantes des comités finlandais consiste à examiner en première instance les conflits qui ont pu surgir entre les parties. Cependant le rôle de médiation peut être écarté si la convention collective prévoit une autre procédure, notamment une procédure syndicale. Les comités ont le droit de pénétrer dans les ateliers à tout instant, d’exiger de la direction de l’entreprise ou des clubs syndicaux tôus les renseignements dont ils peuvent avoir besoin pour l'examen d’une question. La direction a cependant la possibilité d'exiger le secret pour les renseignements fournis.

L'activité des comités de production est étroitement dirigée

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et surveillée par le ministère des Affaires sociales qui, notamment, juge les conflits relatifs à l'établissement des comités.

Dans un pays relativement peu instruit, il était de la pre- mière importance d'organiser des cours pour la formation des délégués ouvriers. Ces cours furent organisés en collaboration entre F. F. C. et le patronat finlandais; l'Etat prêta son concours financier; une section de A. B. F. (l'organisme suédois de culture ouvrière) prêta également son concours. De semblables cours existent à Helsinki et à la station hivernale de Aulanko. : :

Une des missions que se sont données les délégués fut de lutter contre une grave recrudescence d’alcoolisme occasionnée par la misère et par la guerre; de bons résultats semblent avoir été obtenus dans ce sens. |

D'autre part, des comités de sécurité ont été constitués pour lutter contre les accidents du travail; ces comités sont jusqu’à présent, distincts des comités de production, mais F. F. C. a élaboré un plan pour coordonner l’action de ces divers comités entre eux, et coordonner d'autre part, l’action des comités d'entreprise dans chaque branche de production.

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