‹ La Démocratie Industrielle et les Comités d'Entreprise en SuèdeChapitre 46 sur 89 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LES ORGANISMES DE DÉMOCRATIE INDUSTRIELLE AUTRES QUE LE COMITÉ D'ENTREPRISE ET LA COLLABORATION DU COMITÉ D'ENTREPRISE | AVEC CES ORGANISMES

La Démocratie industrielle s’est installée en Suède par petites étapes; elle n’a pas, comme dans d’autres pays, été créée ex nihilo par une disposition législative. Il en résulte une certaine expérience, une éducation de l’industrie à la réforme, mais ‘aussi un incontestable manque d’unité, puisque au sein même de l’entreprise on trouve plusieurs organismes chargés de la coopération entre le personnel et la direction.

A l’époque où un certain nombre d'entreprises essayaient,

en dehors de toute réglementation, de mettre sur pied une .

démocratie d'entreprise, un des traits dominants des systèmes élaborés était un grand nombre de petits comités au sein d’une même entreprise. Il en résultait une perte de temps considérable, spécialement pour les cadres qui faisaient partie à la fois de plusieurs de ces comités de section; il en résultait aussi une absence d’unité qui risquait de rendre inefficace le travait accompli.

La convention de Saltsjübaden qui devait, dans l'esprit de ses rédacteurs, créer un organisme unique de représentation

ouvrière et employée, chargé de coopérer avec la direction de

l’entreprise à toutes les questions de production et de maind'œuvre, laisse subsister, à côté des comités d'entreprises, un délégué professionnel à l’apprentissage, et des comités de sécurité.

Quelle est ja raison de cette pluralité ? D'abord il est difficile de demander à quelqu'un de détruire son propre ouvrage: or les deux organismes en question résultaient de conventions préparées à Saltsjôbaden respectivement en 1942 et 1944 par le même comité d'étude que celui qui allait établir la convention sur les comités d’entreprise. Il existe une raison plus profonde : les délégués ouvriers, en matière d'apprentissage et de sécurité du travail, font partie d’un système organisé verticalement; tout en représentant l’organisation syndicale locale qui les a désignés, ils sont étroitement soumis aux directives d’or-

ganismes centralisateurs (conseil professionnel de l’apprentis-

sage, comité central de protection des travailleurs). Il était à la fois important de cons2rver aux comités d'entreprise un maximum d'indépendance, en évitant de ies placer sous l’auto- rité directe d'organismes spécialisés, et d'arriver à une efficacité maximum en coordonnant tous les efforts entrepris dans un même but. C’est là sans doute la raison principale qui détermine à adopter le système de répartition <es tâches à plusieurs organismes différents.

Page 1