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De plus, la conseillère du personnel, dont il a été parlé plus haut, assiste à titre consultatif à toutes les réunions. La présidence est toujours assurée par le directeur général. Conformément aux dispositions de la convention, les réunions ordinaires ont lieu quatre fois par an..Il n’a pas semblé nécessaire de prévoir des réunions plus fréquentes. Il est en outre tenu des réunions secrètes, non suivies de procès-verbal. Depuis la création des comités de collaboration, puis des comités d'entreprise, chaque comité a eu une dizaine de réunions. On s’est attaché à maintenir une continuité des travaux de chacun de ces comités successifs, de sorte que, pratiquement, il n’y a pas eu de changement important, lors de l’introduction des comités d’entreprise.
Les principales questions examinées ont été les suivantes : mission des comités; — propositions ouvrières; -— cours et . conférences; entreprise et journal du personnel, — visites d'étude dans les usines; — activités de la caisse d'épargne de l’entreprise; — questions d'ordre et de discipline; — coopération du personnel; — instabilité du personnel; — assurance collective contre les accidents; — compte rendu pour le personnel; — service de sécurité et brochure sur les accidents: — rationnement de l'électricité.
Il nous a été possible, grâce à l’amabilité de la direction de la fabrique de cuir de Malmô, d’avoir confidentiellement connaissance de procès-verbaux de réunions. Nous ne sommes auto-
risés qu’à donner un apercu sommaire d’une réunion à titre
d'exemple. Il s’agit d’une réunion du comité de la chaussure.
1 — Ouverture de la réunion. |
2 et 3 — Compte rendu de la séance précédente.
4 — Présentation du rapport des activités de l’entreprise pendant l'année précédente.
5 — Discussion sur l'attribution d’un prix à une des équipes spor-
tives de l’entreprise. on
$ 6 — Rapport du directeur général sur l'instabilité du personnel,
particulièrement du personnel féminin, et discussion sur les
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moyens à utiliser pour éviter semblable instabilité à l'avenir.
8 7 — Discussion sur des modifications à apporter au système des amendes en matière d'infraction à la réglementation du travail. $ 8 — Examen de trois propositions ouvrières, notamment celle d’un
des pertes de temps à la gare. Le directeur promet de tenir compte des remarques.
$ 9 — Discussion sur l’organisation de visites dans les diverses fabriques, et d'échange de groupes d'étude. La question est posée d’une rémunération pendant le temps de ces visites d'étude.
$ 10 — Activités de la caisse d'épargne de l’entreprise. Peut-on par convention exiger une épargne obligatoire pour les jeunes travailleurs de l’entreprise ? Dans quelle mesure les capitaux échappent-ils aux risques de l’entreprise ?
$ 11 — Préparation d’un cours sur le tannage; les représentants sont.
d'accord pour le faire en coopération avec la fédération du tannage. |
$ 12 — Organisation de la propagande pour l'épargne du matériel. $ 13 — Clôture de la réunion.
Malgré des interventions répétées des divers membres du comité, la réunion est incontestablement marquée par la très forte personnalité du directeur général. |
Parallèlement au rapport des activités de l’entreprise fait en comité, la direction générale de Gyllene-Gripen publie chaque année un compte rendu des activités de chacune des quatre entreprises du cartel, sous forme d’une luxueuse brochure remise à chaque travailleur. On y trouve notamment, sous forme de tableaux et graphiques : un exposé des résultats comptables de l’année et de la répartition des bénéfices; — un
résumé du bilan; — des renseignements relatifs à l’évolution
chauffeur de l'entreprise qui demande une simplification dans les formalités des envois et réceptions de colis, pour éviter.
. de la main-d'œuvre; — des renseignements comparés relatifs à l'évolution des divers salaires et à l'index du coût de la vie; — un exposé des résultats de la production avec des À remarques sur l'incidence de la spécialisation des tâches et les conditions du marché: — un compte rendu ii problèmes d'actualité et des réalisations projetées. PE Depuis leur création les comités du cartel Gyllene-Gripen ont à leur actif, les réalisations suivantes : 2 1° L'organisation des études de temps et de mouvements ; une | propagande habile a en particulier mis en relief la solidarité existant entre tous les travailleurs de l’entreprise, et une étude minutieuse du processus de production a donné conscience à chacun de l’importance de son travail. 2° La création d’un journal d'entreprise : Le bout de cuir. Ce journal mensuel donne des nouvelles du personnel et de l’entreprise; il y est publié des articles techniques, économiques, artistiques, sportifs, ainsi que des conseils culinaires. Le niveau est assez élevé. Il est distribué à tous les travailleurs. de l’entreprise.
3° La publication d’une brochure : Gyllene-Gripen et . remise à tous les nouveaux ouvriers embauchés et aux apprentis. La brochure donne tous les renseignements utiles sur la constitution et l’organisation du Cartel, les noms des chefs responsables, l’évolution de la production, des salaires et de l'emploi de main-d'œuvre depuis les origines du cartel, des renseignements sur les heures de travail, les congés, les cantines, les organisations sanitaires, une explication du mécanisme des caisses de retraite, de maladie et les secours sociaux. Elle donne des conseils en matière d'hygiène et de protection, de propositions à soumettre au comité d'entreprise, etc.
4° L'organisation de cours et de conférences, de visites dans les usines similaires, de fêtes et soirées ouvrières pour le personnel et les familles. | Il a de plus examiné un grand nombre de suggestions dont beaucoup ont été acceptées et ont rendu de très grands services. Les comités d'entreprise sont en général bien considérés, aussi bien de la part de la direction que du côté ouvrier.
Chedes LÉGER. — La Démocratie industrielle en Suède. 13
M. W. Bahrke, directeur général de Gyllene-Gripen, qui a
toujours montré beaucoup d’audace en matière sociale, semble attendre beaucoup de ces comités. Il déclarait à la fin de 1946 :
« Il est important, avant toute chose, d’avoir des échanges de vue impartiaux, et cela dépend en grande partie de la direction. Il se peut que les ouvriers sojent méfiants, et c’est bien naturel, presque héréditaire chez eux; mais il faut faire disparaître ce sentiment de méfiance; il faut savoir être psycho- -logue. De bons contacts sont toujours susceptibles de donner de bons résultats [...] Il faut être loyal. »
L'avis des cadres est tout aussi optimiste : M. Jônson,
contremaître, déclarait un jour au cours d’un interview, :
Avec le peuple, nes on sait s’y prendre, on rencontre toujours beaucoup de bonnes volontés. Il m'est facile de m’entendre avec mes subor-
donnés; il me suffit de faire appel à la raison chaque fois que cela est.
nécessaire. Il est impossible de travailler avec l'opposition, facile au contraire de travailler avec la confiance. [...] Les cadres ne veulent pas une discipline de fer qui diminuerait leur prestige. S'il y a de justes motifs de plaintes, ils doivent être faits au sein du comité, mais franchement, sans détours. De toute façon, le comité doit s ’efforcer d'éviter des choses qui ne sont pas nettes.
Quand à M. John Rosborg, président de la fédération du cuir et de la chaussure, membre d’un des comités de Gyllene- Gripen, il estime que le rôle des comités ira sans cesse en se développant, mais que, pour l'instant, la majorité des ouvriers ne sont pas encore suffisamment formés. Le travail des syndicats, comme celui des comités eux-mêmes, doit être de pousser cette formation au maximum, et cela, avec l’appui de la direction. Les réalisations les plus remarquables du comité ont été à son avis : la bonne entente des ouvriers avec les cadres, notamment les contremaîtres; l’encouragement des propositions ouvrières en matière d'amélioration, dont plusieurs ont été récompensées, et les résultats obtenus en matière de rationalisation (1).
1. Les déclarations qui précèdent ont été enregistrées par M. Georg
Arninge au cours d’une enquête faite sur la Démocratie industrielle aux
Etablissements Gyllene-Gripen (Fôretagsdemokrati).
Les comités de Gyllene-Gripen sont considérés, non seulement dans la branche de la chaussure, mais dans d’autres industries, comme tout à fait remarquables. De nombreuses demandes de renseignements leur parviennent d’entreprises cherchant à introduire chez elles un système de Démocratie industrielle, et l'équipement démocratique et social du cartel
est souvent cité en exemple dans les revues syndicales.
IL — FABRIQUE DE CHAUSSURES KRONAN A ÔREBRO
L'entreprise dont nous. proposons l'étude maintenant, est une entreprise simple, non concentrée, de petite dimension. Située à,Orebro, dans le centre de la Suède, elle emploie 159 ouvriers seulement. Elle possède, outre l’usine principale, une . petite succursale à Lindesberg.