CONCLUSION
donné lieu à de sérieuses difficultés, du fait que la presque totalité des travailleurs suédois se trouvent affiliés à L. O.
Quoi qu'il en soit, le système des comités de Saltsjôbaden offre un intérêt considérable sur le plan théorique, car il cons- titue une solution intermédiaire entre le corporatisme et le syndicalisme. D'un côté, on prétend établir entre tous ceux qui coopèrent à la marche d’une entreprise des contacts essentiellement humains et professionnels pour apaiser les conflits sociaux et faire en commun œuvre constructive; de l’autre, on estime que les ouvriers ne peuvent défendre leurs intérêts que lorsqu'ils sont groupés dans de puissantes organisations syndicales, seules à même de discuter d’égal à égal avec l’employeur. Les rédacteurs de la convention du 30 août 1946 ont fait la plus large part aux contacts humains et à la coopération à la marche de l’entreprise, mais ils ont pris garde de ne pas laisser l’ouvrier complètement désarmé, et pour cela, ont placé les comités sous la protection directe des syndicats.
Uppsala, le 30 janvier 1948.
His es
Grâce à l’amabilité de S. A. F. et de L. O., il nous a êté
. possible de faire une rapide mise à jour de notre ouvrage au
moment de la publication. Qu’il nous soit permis de remercier tout spécialement M. Kugelberg, directeur de S, À. F., M. Flyboo, spécialiste des questions de comités, d’entreprise à L. O. M. Helger de la Socialstyrelsen, ainsi que M. Nydahl du Svenska Institutet.
: L’impression d’ensemble, avec trois ans de recul, est que l'expérience a pleinement réussi; patrons et ouvriers sont d’accord pour le reconnaître. Très rapidement, les hésitations du début ont été surmontées et la démocratie industrielle est passée de la phase constructive à la phase active. C’est ainsi qu’à l’heure actuelle, les organisations centrales semblent beaucoup plus préoccupées de mettre au point le mécanisme de coopération locale entre patrons et ouvriers, que de convaincre leurs adhérents de la nécessité d’une coopération, devenue effective dans la plupart des cas.
Il ne nous sera malheureusement pas possible de nous étendre très longuement sur l’évolution de la démocratie indus-
| trielle en 1948 et 1949. Nous nous bornerons à examiner som-
mairement les deux points les plus marquants : la nouvelle convention sur les études de temps et de mouvements, — et le développement considérable de l'activité des comités d’entreprise.
Charles LÉGER. — La Démocratie industrielle en Suède. 15