‹ La démocratie libéraleChapitre 12 sur 39 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

qu'on résout presque toujours par un vote à gauche, après mûr examen. Voilà pourquoi, depuis les dernières élections qui auraient dû pleinement rassurer le parti républicain sur le salut de la République, on a voté sans sourciller les scandaleuses invalidations, les accroissements d'impôts de succession, la suite des expulsions laïques jusqu'à extinction finale, et pourquoi le Parlement pourrait bien encore voter la suppression de l'enseignement privé, en fermant la porte de toutes les administrations de l'État aux élèves des écoles libres, comme le demandent MM. Pochon, Cocula et compagnie, vu la prospérité croissante des maisons d'enseignement religieux. Le gouvernement y mettra-t-il son veto. Cela dépendra des dispositions de la majorité parlementaire, dont nos ministres suivent docilement les mots d'ordre. Mais pourquoi cette majorité elle-même s'est-elle inclinée devant les sommations de M. Clemenceau? Pourquoi le gouvernement de M. Carnot a-t-il permis et palroné l'érection de la statue de Danton sur le boulevard Saint-Germain, tout près du théâtre des journées de Septembre? Parce que l'union du parti républicain tout entier est une question vitale, je ne dis pas pour l'existence de la République que de pareils souvenirs ne sont pas propres à accréditer dans le pays, mais pour le succès des candidatures républicaines, opportunistes ou radicales. Voilà la raison delà Révolution en bloc, que le bon sens et la modération relative des centres aurait grand'peine d'accepter, sans la nécessité de l'union à tout prix.

A part la queslion de dignité, à laquelle je ne veux pas toucher, je n'ai pas compris révolution des conservateurs qui ont gardé la foi monarchique. A quoi bon l'adhésion à la République, quand le respect de la

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