PRÉFACE. XIII
constitution suffisait pleinement à rassurer le pays, s'il tient à faire Téconomie d'une révolution. C*est ce qui se disait, par parenthèse, sous l'empire qui devait finir par une catastrophe. On s'accorde, dans toutes les*fractions de l'opposition conservatrice, à reconnaître que la politique qui a failli mettre le gouvernement en minorité aux élections de 89 est toujours la même, avec quelques vaines paroles de plus, et qu'il n'y a pas lieu de déposer les armes. Il ne faut pas mettre la République en cause, dit-on. Mais cela n'était-il pas convenu dans toutes les élections qui ont eu lieu, depuis le vote des lois constitutionnelles? Le pays lui-même se serait-il résigné à une politique qui a fait ce que l'on sait contre la liberté, contre la justice, contre la paix sociale et religieuse? Notre excellent peuple serait-il perverti par la presse jacobine et radicale à ce point de se trouver bien d'un tel gouvernement? Non, il n'est pas aussi fier d'une telle République que le disent ses amis, puisqu'elle a couru, de leur aveu, un danger dont ils ont eu peine à se remettre. N'est-ce pas le grand parti des mécontents qui a fait la popularité de Boulanger? Il ne faut pas faire à ce peuple l'injure de croire qu'il eût pris au sérieux à ce point le cheval noir et son beau cavalier, s'il eût été satisfait du régime sous lequel il vit. La vérité est qu'il voulait en finir à tout prix. J'admire l'aplomb de nos journaux républicains se récriant contre l'alliance des royalistes avec l'homme qui devait mourir comme il a vécu, a Quand vous n'aurez point de candidats à présenter, disait le comte de Paris aux conservateurs, à l'approche des élections de 89, inspirez-vous des nécessités de la lutte, et ne traitez pas en ennemis ceux qui ont les mêmes adversaires que vous. » Quoi de plus correct? Voulait-on que le parti