‹ La démocratie libéraleChapitre 15 sur 39 · PRÉFACE* XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE* XV

monter la côte, qu'enfin le brave général s'est montré un vulgaire politicien, filant en Belgique, non pour sauver sa vie, c'est faire injure à sa mémoire, mais pour garder sa liberté. Nos princes n*ont pas cette horreur de la prison. Quand Fhonneur parle, ils vont la chercher, au lieu de la fuir. Les républicains,, qui ont reproché au comte de Paris d'avoir fait à l'idole du jour Fhonneur d'une entrevue, ont oublié qu'ilsavaient mis aux mains d'un aventurier la fortune de la France, en le faisant ministre de la guerre.

Si l'aventure de Boulanger n'a pas fini glorieusement pour l'aventurier, elle a montré que la République était à la merci d'un incident. Pour peu qu'il eût aidé la Fortune le lendemain de l'élection du 27 janvier, il devenait notre maître, peut-être pour le malheur de la France. Quand il fut question de son arrestation, il n'avait qu'à se laisser mettre la main au collet et conduire à Mazas. Il fût allé, la tète haute et la voix ferme, plaider lui-même sa cause devant la haute cour de justice. Il ne lui eût pas été difficile de prouver, même sans le secours de ses avocats, qu'il n'y avait dans toute cette affaire ni attentat, ni complot, ni ombre de conspiration, que tout se ramenait aux proportions d'une simple campagne électorale. On peut croire que le peuple de Paris n'eût pas respecté l'arrêt de la cour, s'il eût été condamné, et qu'il n'eût pas laissé partir son cher général pour la déportation, sans protester autrement que par des paroles. La troupe fût-elle sortie des casernes ce jour-là? Et si elle en fût sortie, eût-elle fait feu sur toute une population insurgée? Je connais nombre de républicains qui n'étaient point rassurés devant une telle perspective. La défaillance du héros a fait la partie belle à M. Gonstans ; et l'on peut dire que si les-

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