XVI PREFACE
élections ne se sont pas faites au milieu des sifïlets, elles se sont ressenties de la profonde déception causée par la surprise d'un pareil dénouement. Il fut certainement une heure où le parti tout entier trembla pour cette République assise sur une durée de vingt ans.
On dit le grand-électeur plein de confiance dans l'avenir. « Il ne veut, dit-on, pas plus de trente droitiers dans la Chambre future. » Il s'entend à merveille à préparer une campagne électorale. Mais c'est surtout dans l'exécution de son plan qu'il n'a pas son pareil. Il sait profiter de tout, de la mollesse, de la naïveté, de l'indiscipline de ses adversaires. L'élection récente du V® arrondissement entre autres, est un vrai chef-d'œuvre du genre. L'opportunisme, dans la personne de son candidat, devait être écrasé par une grosse majorité radicale et socialiste. Et voici que ce candidat passe, à une majorité dérisoire, il est vrai, au second tour de scrutin, grâce à l'anarchie des groupes opposants. M. Gonstans compte qu'il en sera de même dans nombre de circonscriptions électorales à Paris et en province, aux futures élections générales, où l'opportunisme est en minorité dans le parti républicain. Il espère toujours trouver un candidat intransigeant soutenu à outrance par une fraction rebelle à toute discipline. On verrait ainsi entrer au prochain Parlement tout un groupe d'opportunistes élus de la sorte avec le tiers ou le quart des électeurs inscrits. Seulement, ce ne sera qu'une petite manœuvre imaginée au profit des amis. Il faudra bien encore recourir à la grande tactique de la concentration, à laquelle, d'ailleurs, M. Gonstans ne répugne point, ayant autant d'amis dans un camp que dans l'autre. L'union avant tout. « Ne vous cha-