PRÉFACE» XIX
quels la victoire ne serait point, assurée, ce Ne vous chamaillez pas, » sera toujours le mot d'ordre dea élections. Cela fait que le gouvernement républicain ne peut avoir d'autre politique que celle qu'il pratique encore aujourd'hui, peut-être malgré lui. Il aura donc toujours devant lui ce parti des mécontents qui n'aura pas besoin d'un chef pour affirmer sa réprobation d'un régime où il se sent exploité et opprimé. Aux futures élections, il ne sera plus question de république ni de monarchie, pas plus que de constitution à reviser ou à maintenir. Le mot d'ordre cette fois sera bien simple : voter contre un gouvernement qui fausse la représentation nationale par la candidature officielle à outrance, et contre un Parlement qui la mutile par des invalidations sansjustice. On ira aux urnes au cri de « Vive la liberté électorale ! » Que sortira-t-il de ce Parlement librement élu? Si ce n'est pas encore le salut, ce sera du moins la fin du règne des politiciens qui nous gouvernent. Il est possible que le clergé, sur les instructions de ses chefs, mette la sourdine à son opposition. Le gouvernement n'obtiendra rien de plus de lui, parce qu'au fond ses sentiments n'ont pas changé. Il sait où sont ses amis et ses ennemis. S'il vote ou fait voter ses fidèles pour tel ou tel candidat plus ou moins républicain, on peut être sûr qu'il n'égarera pas ses voix sur des jacobins ou des radicaux. Les candidats du clergé, si républicains qu'ils puissent être, seront des hommes religieux qui n'entendront pas confondre leurs voix avec celles de la concentration républicaine. Au Parlement, ils voteront avec la droite sur toutes les questions qui intéressent la liberté de conscience, et contre toutes les lois qui y portent atteinte. Malgré la profession de foi républi-