PREFACE. XXIII
duite des affaires de l'État, au dedans comme au dehors, dans la situation que les événements auront faite à notre grand et malheureux pays. Il sait toutes les réformes à opérer dans la société qu'il est appelé à gouverner. Tout ce que je crois pouvoir affirmer, c'est qu'il les fera dans un esprit aussi libéral que conservateur. Si j'essaye de proposer la solution de quelques-uns de ces problèmes, c'est pour appeler l'attention des esprits qui prévoient et pressentent l'avenir sur des changements dont la nécessité s'imposera tôt ou tard, quel que soit notre gouvernement. Dans chacune des sphères de l'activité politique et sociale, dans la diplomatie, dans l'armée, dans la magistrature *, dans l'université, dans le clergé, dans l'assistance publique, dans le régime communal, il y a telle question de direction ou de réforme qui me semble primer toutes les autres. Si je touche un peu à tout, c'est par les points qui me paraissent plus particulièrement intéresser la restauration de notre France par la liberté.
Je suis pour la politique d'évolution contre la politique de révolution. C'est ainsi que j'entends la conservation sociale. Je ne suis donc pas pour l'exécution brusque et radicale des réformes dont je crois devoir entretenir mes lecteurs . Aucune d'elles , quel qu'en soit l'objet, ne peut être abordée par un gouvernement réparateur avant que la possibilité, la nécessité et l'urgence en aient été reconnues par les esprits sages de tous les partis. En pareil cas, il est toujours des droits à respecter, des intérêts à
1. Je réserve la magistrature et l'assistance publique pour une autre publication, parce que ces questions me semblent moins à l'ordre du jour de l'opinion publique.