‹ La démocratie libéraleChapitre 4 sur 39 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

A-t-on dénoncé Talliance avec les radicaux? Bien loin de là, on s'est incliné humblement devant les sommations de M. Clemenceau. Qui a répondu à Tabominable doctrine de la Révolution en bloc, acclamée par nos Montagnards, subie l'oreille basse par nos opportunistes? Est-ce M. Ribot ou M. de Mun? Le président du Conseil n'a parlé que pour se dispenser de répondre. La belle chose, en vérité, que la logique ! Entre la Ligue et la Terreur, entre la Saint-Barthéleniy et les jo'irnées de^ Septembre, pas de milieu. Quel terrible homme que M. Clemenceau, si une pareille déclaration était autre chose qu'une tirade de tribun en quête de popularité dans son parti! A-t-on renoncé à l'odieuse politique qui a mis des citoyens français hors du droit commun, et de pieuses filles hors d'un service de charité. Il n'y paraît guère, à voir comment notre gouvernement républicain vient encore d'aggraver la politique d'intolérance laïque par l'accroissement de l'impôt sur les successions congréganistes^ sans se soucier d'affamer les pauvres dont on ruine ainsi les maisons de refuge. Quant à recevoir les conservateurs dans le giron de la République, nos opportunistes veulent une capitulation sans conditions. Et cela même ne doit point leur ouvrir les portes du pouvoir; car nos radicaux entendent continuer la guerre à outrance. C'est à peine s'ils tolèrent les hommes du centre gauche dans les rangs de la majorité républicaine.

C'est une noble carrière que la politique, quand on n'y a pas d'autre ambition que l'honneur de servir son pays. De tout temps l'art de gouverner a été assimilé à l'art de naviguer. En effet, le chef du gouvernement n'est-il pas un pilote qui conduit au port un navire qui s'appelle l'État, tenant le gouvernail et donnant le.

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