‹ La démocratie libéraleChapitre 7 sur 39 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

Voilà ce qui explique pourquoi nos hommes d'État républicains n'ont d'autre visée que de mettre la main sur le pouvoir et de le garder. Chez nous, le gouvernement, ministres, députés et sénateurs, est tout entier à l'affaire électorale. Les quelques parlementaires qui ont gardé les traditions d'une politique de principes, en sont pour leurs frais d'interpellations. On leur répondrait volontiers qu'ils sont trop curieux. On ajourne autant que possible les discussions qui peuvent troubler l'entente commune. Lorsqu'il faut les subir, on vote sans les avoir écoutées. Quant aux questions de politique extérieure qui passionnaient jadis les orateurs du Parlement et les polémistes de la presse, elles laissent aujourd'hui le monde politique indifférent. Il fallait voir comme, aux beaux jours de la monarchie parlementaire, le public se montait la tète, tout prêt à courir aux barricades au moindre incident de politique étrangère où l'on voyait l'honneur de la France en jeu. C'est surtout sur cet ordre de questions que Thiers a secoué la monarchie de Juillet jusqu'à la faire tomber devant une misérable émeute. Aujourd'hui qui est-ce qui prendrait feu sur une question Pritchard?

C'est le régime actuel qui a fait pulluler, sinon engendré, cette race de politiciens dont on ne connaissait que de rares échantillons sous les régimes précédents. On en a connu à peine dans notre Assemblée de 71. Nous ne pensions guère, pendant la trêve de Bordeaux, qu'à relever la noble blessée du champ de bataille. On s'y occupait surtout de notre armée pour la réorganiser, de nos finances pour les refaire, de nos municipalités pour les affranchir de la tutelle de l'État. Si l'on ne parlait point de politique extérieure, c'était par prudence. On se recueillait dans

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