‹ La démocratie libéraleChapitre 9 sur 39 · PREFACE. IX · texte numérisé non relu

PREFACE. IX

la politique devient de plus en plus une affaire d'intérêt personnel. Voilà comment les questions de principes qui passionnaient nos pères se réduisent à des convenances électorales.

Cette politique tend à dominer de plus en plus dans les rangs de la gauche. La droite elle-même ne commence-t-elle pas à être atteinte de l'épidémie générale? L'empressement d'un certain nombre de candidats conservateurs à s'en gager dans l'aventure Boulanger en fut un signe. Leur tendance actuelle à se rallier à la République en est un autre. Pour ne parler que du parti républicain, il est visible qu'il se transforme de plus en plus en une société d'assurance mutuelle, en matière électorale. Cela étant, plus de tradition, plus de direction, plus de suite, plus de résolution dans un gouvernement où il n'y a plus ni principes, ni idées, ni passions politiques, au fond, mais seulement des intérêts à satisfaire par des concessions et des transactions perpétuelles. On l'a vu, à propos de politique générale, où le tribun de l'extrême gauche s'est montré si menaçant. On le voit avec plus d'évidence encore dans les questions économiques et sociales soumises à l'examen du Parlement. Pourquoi la protection y est-elle si puissante, on pourrait dire si intolérante? Parce que c'est une question de vie ou de mort pour nos députés des campagnes? Pourquoi le socialisme gagne-t il de plus en plus les régions parlementaires? Pourquoi sera-t-il la question du lendemain, comme la protection est la question du jour? Parce qu'elle aussi touche à des intérêts électoraux. On voit où cette belle politique mène le pays : à l'isolement national par la guerre des tarifs, et au socialisme d'État par l'ingérence parlementaire dans les questions sociales.

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