‹ La démocratie religieuseChapitre 31 sur 128 · CONSCIENCE ET RESPONSABILITE · texte numérisé non relu

CONSCIENCE ET RESPONSABILITE

Il est tout à la fois très facile et très difficile de détruire les idées dites du Sillon. Exprimées en termes directs, elles se réduisent à des sophismes élémentaires. Seulement, ces messieurs ne s'expriment jamais directement. Leur discours s'enroule comme un thyrse autour du sujet, et jamais on ne les a vus réfuter ou même aborder avec netteté une objection nette. Ils multiplient lettres, articles, brochures et volumes. Ils évitent avec grand soin d'y rien établir d'un peu précis, tout en se prévalant de toutes les clartés, humaines et divines, et en se plaignant par la suite de voir méconnaître ce qu'ils osent bien appeler leur précision ou leur clarté.

Prenons, par exemple, la définition qu'ils ont tant répétée qu'elle finira par acquérir une espèce de gloriole :

« La Démocratie esl l'organisation sociale qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civique de chacun. »

Et reprenons nos critiques :

1" Le sujet de la proposition de la phrase est trop vaste. Pour s'exprimer correctement, il aurait fallu dire : un cas de la démocratie esl, ou bien la démocratie peut être..., car, à supposer que la démocratie soit capable d'être cela, il est certain qu'elle n'est pas toujours cela, puisque Sangnier avoue qu'elle est souvent tout autre chose.

2° L'attribut est contradictoire, quant à ses termes. On n'a pas le droit d'appeler, en bon français du moins, « organisation sociale » un régime qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civique de chaque individu, le maximum de cette conscience et de cette responsabilité n'existant, à vrai

Page 1