‹ La démocratie religieuseChapitre 73 sur 128 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

(Suite.)

Carie de visite au comte d'Haussonville *.

Aussi discrètement que possible, j'ai fait connaître quelques-unes des approbations et des confirmations accordées par de graves autorités ecclésiastiques à l'exposition que j'ai tentée des rapports de l'Église et de la Démocratie, pour répondre à la thèse dirigée contre nous, dans le Figaro, par le comte d'Haussonville. Un document donné à Rome le 11 février 1906 et adressé le 17 du même mois urbi el orbi1 achève de détruire toute pensée de conciliation entre les vues égalitaires du châtelain de Coppet, citoyen du canton de Vaud plutôt que de la France, et la doctrine hiérarchique de l'Eglise universelle.

Nous devons à la vérité, nous devons aussi à nous-même de transcrire quelques lignes précieuses de cet insigne document :

L'Ecriture nous enseigne, et la tradition des Pères nous le coniirme, que l'Eglise est le corps mystique du Christ, corps régi par des « Pasteurs » et des « Docteurs », société d'hommes, dès lors, au sein de laquelle des chefs se trouvent qui ont de pleins et parfaits pouvoirs pour gouverner, pour enseigner el pour juger. Il en résulte que celte Eglise est par essence une société inégale, c'est-à-dire une société comprenant deux catégories de personnes, les Pasteurs et le troupeau, ceux qui occupent un rang dans les différents degrés de la hiérarchie el la multitude des fidèles. Et ces catégories sont tellement distinctes entre elles, que dans le corps pastoral seul résident

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