L'Encyclique Vehementcr nos
le droit et l'autorité nécessaires pour promouvoir et diriger tous les membres vers la fin de la société ; quant à la multitude, elle n'a pas d'autre devoir que celui de se laisser conduire et, troupeau docile, de suivre ses Pasteurs.
Cela est signé : Pie X, pape.
Cette déclaration pontificale exprime, au reste, une doctrine aussi ancienne que l'Église. Et doctrine d'ailleurs conforme dans ses dispositions d'ensemble à des nécessités morales et politiques aussi anciennes que le monde. Dès que ce monument de sagesse romaine m'a été connu, j'ai estimé utile de l'adresser avec ma carte, par les voies promptes du réseau pneumatique, à l'illustre académicien auprès de qui et par la faute de qui j'ai dû m'improviser répétiteur de théologie et de droit canon. On m'a dit que, ces mois derniers, il avait témoigné quelques inquiétudes touchant la sûreté de nos renseignements quant à cette structure politique de l'Eglise. La parole du Pape l'aura tranquillisé.
Si toutefois le texte papal ne suffit point àM.d'Haussonville, on peut lui proposer la glose autorisée d'un homme de gauche, rédacteur à Y Humanité.
M. Albert Thomas écrivait, le 18 février 1906, que l'encyclique enveloppait une doctrine, et une doctrine politique :
Et c'est là, en effet, l'intérêt de l'Encyclique.
C'est que, par-delà les raisons historiques, par-delà les arguments de circonstance, elle dit les vraies raisons de l'opposition cléricale. Ce que la loi de Séparation atteint, c'est le principe d'autorité ; ce qu'elle ruine, c'est la communauté de principes de la société civile et de la société religieuse.
Tous les bons esprits avoueront qu'il sera difficile de mieux dire ou même de dire aussi bien. Mais M. Albert Thomas arrive, plus loin, à se surpasser. Il appelle l'Encyclique du 11 février « uneréplique du Syllabus ». La réplique admirable d'un original glorieux. Les plus opaques anarchistes, les révolutionnaires les plus intéressés à l'obscurité et à l'ignorantisme finiront par collaborer ainsi à manifester cette gloire. Notre académicien, qui est homme de loisir, n'y a pas encore pris garde.