ARTICLE TROISIÈME
Première lettre de Marc Sang-nier : Où le Dilemme est atténué. — La majorité dynamique. — L'asymptote ou la souveraineté conçue comme la limite mathématique du progrès dans la vertu. — Pour que cette vertu s'exerce : obstacles, épreuves, vœux de martyre. — Nos réponses.
Le directeur de V Action française, M. Henri Vaugeois, a reçu de Marc Sangnier une intéressante lettre que nous nous sommes fait un devoir et un plaisir de publier.
Mes lecteurs trouveront à la suite de cette lettre quelques réflexions qu'il a paru indispensable d'y ajouter.
Monsieur le Directeur,
Je n'ai nullement la prétention de reprendre, ici, les longues et si intéressantes discussions qui nous ont déjà plusieurs fois amenés à nous expliquer loyalement sur nos préférences politiques, et auxquelles, je vous l'avoue bien volontiers, je dois d'être parvenu à préciser plusieurs de mes opinions.
Je voudrais seulement rectifier brièvement ce que M. Maurras me fait dire au sujet du travail démocratique et de la conception qu'il me prête, du sens et de la portée de l'effort libérateur.
Nous n'avons jamais eu la ridicule prétention d'affirmer que le Sillon résumait et limitait tout le christianisme social ; nous savons même que la démocratie chrétienne, telle que Léon XIII dans ses encycliques et Pie X dans son Molu proprio l'ont si exactement définie et qui doit être dégagée de toute signification politique et envisagée seulement comme une action populaire bienfaisante, peut se développer dans une monarchie comme dans une république. Aussi bien, ce que nous avons voulu dire simplement, c'est que les esprits libres et indépendants seraient amenés, tôt ou tard, à s'orienter, soit vers la conception monarchique de ¥ Action française, soit vers la conception particulière du christianisme social qui est celle