‹ La demoiselle à marier, ou, La première entrevueChapitre 18 sur 53 · SCENE Vin · texte numérisé non relu

SCENE Vin

CAMILLK , lie même.

Je ne peux pas quand on me regarde.

M. DUMESNIL, bas à Ducoudrai.

Soutiens un peu la conversation , toi qui es le parrain , et qui n'as rien à faire.

DUCOUDRAI, à part.

Ils ont raison; si je ne m'en mêle pas , ils ne s'en tireront jamais; le prétendu surtout, qui a raison d'être riche, car il a l'air de n'être pas fort

(Traversant le théâtre et passant entre Alphonse et Camille. ) Etl DlCn .

jeune homme, comment trouvez-vous notre pays?

ALPHONSE , à part.

En voilà un qui, avec son ton protecteur, me déplaît souverainement.

DUCOUDRAf.

Un bon pays, n'est-il pas vrai? un air pur; et puis,

vous qui êtes connaisseur ( Regardant CamiUe.) on y

trouve de jolis points de vue.

ALPHONSE , froidement.

Superbes, comme vous dites; ceux surtout dont la nature a fait tous les frais.

DUCOUURAI.à part.

Est-il bête! il ne comprend pas. (Haut.) Mais il me semble que seul , à votre âge , dans votre château , vous devez bien vous ennuyer?

ALPHONSE

Je ne m'ennuie jamais... quand je suis seul.

MADAME UUMESNIL.

C'est comme ma fille; c'est ce qu'elle me disait encore ce matin, parce qu'une bonne femme de ménage

trouve toujours à s'occuper; et vous ne croiriez pas, monsieur, que cette chère enfant fait tout dans la maison.

CAMILLE , bas à sa mère.

Mais tais-toi donc.

EUCOUDRAI.

Et puis quelqu'un qui , comme vous , a été élevé à

Paris, doit aimer les arts, doux charme de la vie

Monsieur joue peut-être du violon ou de la flûte?

ALPHONSE

Fort mal, mais je cultive les arts pour moi , et non pour les autres.

MADAME DUMESNIL

C'est comme ma fille. Je lui ai toujours dit : Il faut avoir des talens , et ne jamais les montrer. Aussi , monsieur, elle a dessiné dernièrement une tête deRomulus ; une tête admirable, qui mériterait l'exposition. Eh bien ! personne ne l'a encore vue que moi , son père et ses quatre frères ; car son parrain même n'en a pas eu connaissance.

DUCOUDRAI,

C'est, ma foi, vrai ; et c'est très-mal à loi.

MADAME 1>UMESNIL.

Allons, Camille, va donc chercher ton portefeuille, pour montrer à ton parrain.

ALPHONSE , à pan.

J'y suis, c'est le parrain qui est le compère.

MADAME DUME3NIL.

Et puis, monsieur qui est connaisseur te donnera son avis.

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