‹ La demoiselle de Puygarrou [microforme]Chapitre 10 sur 43 · EN · texte numérisé non relu

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bien décider ma tante, fit Jean rayonnant de jeunesse et de joie.

— Et j'espère que mon père m'y laissera aller avec ma nourrice, car, lui, ces fêtes l'ennuient.…

— Et puis, il a des yeux bien clairvoyants, maître Martel Gaudens.…. J'aimerais mieux ne pas me rencontrer avec lui avant le jour où je pourrai parler en toute franchise. Un baiser Mariette.

Elle s'était échappée de ses bras et la barrière de bois retomba entre elle et le jeune homme.

Il resta immobile un instant. La maison était élevée de quelques marches au-dessus du sol de la cour, planté de platanes, et Jean était sûr de voir apparaître sa bien-aimée sur le seuil quand elle rentrerait.

En effet, elle sembla surgir, monter une invisible échelle ; puis elle s'arrêta et se retrourna.

A pleines mains, elle envoya des poiunées de chastes baisers à celui qu’elle aïmaic. Elle n'avait plus peur de jui, maintenant ; sa nourrice n’était pas loin, et Jean n'entrerait pas, elle en était sûre. Encore, encore des baisers envolés pareils à des rêves, puis alle ouvrit la porte et disparut à l'intérieur de la maison.

Catherine l'attendait dans la salle, raccommodant. des hardes ; mais on n'y voyait presque plus ; quoique encore sans feuillage, les ramures des platane: assombrissaient l'intérieur du logis

Mariette jeta ses deux bras autour du cou de l'excellente femme.

Eh bien, eh bien, que t'arrive-t-l aujour-

d'hui ? fit celle-ci en lissant les épais cheveux noirs placés sous sa main.

— Nourrice, je suis heureuse! Et j'ai tant de chagrin ! répondit Mariette.

— Ah! fit la fidèle Catherine, je savais que cela arriverait ! Courage et patience, ma petite chérie, et tout ira bien, s'il plaît à Dieu !

— (jh ! nourrice, c'est si difficile !

— Oui ! c'est difficile ; mais prends courage, mon awneau blanc, et surtout n'y songe pas trop.

- C'est facile à dire ! fit Mariette en se laissant tomber sur une chaise, les bras appuyés sur la table, C'est à la fois trop bon et trop triste, vois-tu, et je suis un si pauvre petit oiseau !

Un petit oiseau que tout le monde aime, fit Ca‘herine en la câlinant.

lei, oui, mais à Puygarrou ?

— À Puygarrou.… on ne sait pas... la demoiselle a eu ses peines, elle aussi ; peut-être aura-telle le cœur tendre pour les peines des autres.

Julienne n'avait pas vu Avmery, mais elle savait que le jeune couple devait passer quelque temps chez M. et Mme Carval, et, reconnaissante à son destin de lui avoir épargné une rencontre pénible, elle n'en était pas moins fort émue ce jour-là.

Son inspection du vieux logis fut moins méticuleuse que de coutume, et ses comptes furent vite réglés avec la vieille femme qui en avait la garde ei qui servait de concierge ; car en décla-

rant sa ruine, au moins partielle, Julienne avait

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