BL
Banyuls trois jours durant. Voulez-vous me promettre d’y venir, le dernier jour seulement, le mardi ?
— Le dernier jour, peut-être, car je n'ai guère envie de danser, je vous le jure !
— Eh bien, mardi ! Nous prendrons rang parmi les danseurs et je vous parlerai. D'ici là, je ne veux pas, vous entendez, Mariette ? je ne veux pas vous voir en cachette. Jusqu'ici nous pouvions nous rencontrer, il n’y avait entre nous ni mystère ni. Mariette, s’écria-t-il soudain en tombant à genoux devant elle, je t’adore ! Tu seras ma femme, ou bien c’est qu'il n’y aura plus de Puygarrou sur la terre. Donne-moi un baiser, Mariette, le baiser des fiançailles ; je ne veux pas le prendre, je veux que tu me le donnes, de ton plein gré. Je sais que ce sera difficile de nous marier, mais difficile ou non, cela sera. Mariette... je t’en supplie ! Je n'ai jamais reçu ni donné de baiser, excepté à ma tante Juliette... Apprends-moi la douceur du philtre divin ! Qu'il me vienne de toi ! Si jo dois être un homme, deux femmes l’auront fait: ma tante et toi... Mariette.
Elle s'inciina vers lui, très lentement, et, sous le ciel bleu qui pâlissait, il posa ses lèvres sur la joue enflammée qui venait à lui.
— Mariette, supplia-t-il, encore !
Elle était déjà debout, secouant les brindilles attachées à sa robe ; il se releva.
— Je ne suis qu’une fille de la garrigue, ditelle ; je ne puis me comparer à vous, Jean; mais, telle que je suis, je vous aime, et je mourrai plutôt que d’ appartenir à un autre.
__ Tu viendras mardi à Banyuls ? Je saurai