X VIT
Jean n'avait plus que peu de temps à passer à Perpignan avant de partir ; il avait été deéclaré “bon pour le service” et les quelques mois passés au milieu d’un monde nouveau pour lui avaient ouvert à ses regards d’enfant vite mûri des horizons tout à fait inconnus.
Il] comprenait maintenant ce qui faisait la réelle supériorité de femmes comme sa tante ou Mme Carval sur le troupeau banal, semblable à Lubine ou à nombre d’autres. Le ‘ je ne sais quoi ”” qui fait la véritable grandeur était apparu à ses yeux dessillés et Mariette n'avait r'en perdu à la comparaison.
La candeur, la virginale fraîcheur de cette âme toute neuve triomphaient des airs guindés de maintes jeunes filles ; plus que jamais il sentait en elle le parfum de la garrigue, l'arome du sol natal dans sa divine pureté. Non, Mariette ne saurait jamais niflirter, ni mentir pour ‘attraper’ un beau parti; mais elle lui resterait fidèle, ainsi qu'elle l'avait promis. C'était une plante des bois, dans toute son intégrité native, sans greffes ni perfectionnements. Telle qu'il l’avait aimée, telle il la retrouverait;