‹ La demoiselle de Puygarrou [microforme]Chapitre 21 sur 43 · D OU · texte numérisé non relu

D OU

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sur la joue veloutée, dont rien n'avait terni la fraicheur.

— Vous n'avez rien dit à votre père ? demanda--t-elle.

— Non, avoua l'enfant : je n'ai pas osé...

— C'était plus sage. Si ce mariage doit se réaliser, votre père sera toujours averti assez tôt, car c’est un homme fier ; s’il n’était pas votre père, je dirais qu'il est orgueilleux... 11 est bon d’être ir, Mariette, cela sauve de bien des périls, mais l’orgueil...

Elle se tut et son regard repric : : spression lointaine qu'il avait parfois, lorsqu'elle songeait aux choses du passé.

— Mademoiselle, vous ne m'avez rien dit de Jean... Il n’est pas malade ?

Julienne sour't ;

— Malade ? Oh ! non ! certes ! il se porte à merveille. 11 trouve la vie bonne... Bientôt il la trouvera tant soit peu dure...

Mariette soupira, très discrètement, à peine un souffle.

— ]] ne vous a pas parlé de moi ? fit-elle, en détournant les veux.

— Si je lui permettais, il me parlerait souvent de vous, et de l’avenir ; mais je ne puis l’y encourager. C'est déjà beaucoup, Mariette, de ne pas lui avoir défendu d'y songer.

— C'est vrai ! avoua humblement l’enfant.

Mademoiselle, vous êtes venue me voir, car c’est bien pour moi que vous êtes venue, comme une ‘bonne et tendre messagère.… Dites-moi la vérité, faut-1i arracher de mon cœur ?.….

Elle s’abattit soudainement sur l'épaule de celle qu’elle n’osait appeler son amie.

— Pauvre petite ! dit Mlle de Puygarrou avec

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une clémence pleine de délicatesses sous-entendues ; non, n'arrachez rien de ce pauvre petit cœur, je ne suis pas venue ici pour le déchirer; mais ne choyez pas trop non plus l'amour que vous avez laissez naître. L'âme des hommes n'est pas faite comme la nôtre, Mariette ; nous sommes nées pour aimer, souffrir. et pardonner. Eux, leur destin en fait des moîtres….

Soyez patiente, Mariette, ne caressez pas trop vos chimères ; c’est si cruel de les répudier quand on les a eues trop longtemps pour compagnes !

— Vous me cachez quelque chose ! s’écria Mariette en se levant, prête à combattre pour son jeune amour.

— Je n'ai rien à vous cacher, rien à vous dire... Mais la vie est si différente à vingt ans de ce qu’on la croit à dix-sept, — et plus différente encore à trente de ce qu’on l’a vue à vingt ! J'ai de l'amitié pour vous, mon enfant, je voudrais vous savoir heureuse. En ce qui dépend de moi, vous le serez ; cela ne vous suffit-il pas ?

— Oh ! mademoiselle, c’est déjà tant de bonté ! murmura Marictte ; mais mon cœur est triste et inquiet.

— Cela, c’est le commencement de la vie, dit Julienne. Ayez foi dans l'avenir et soyez patiente. Et puis, sachez aussi que je vous aime. Midi va sonner, il faut centrer à la métairie : allez, mignonne, et que Dieu vous aide !

Elle baisa le front pur et romarda tout au fond des yeux innocents. Ceux-là ne connaissaient ni la ruse ni le mensonge. Que leur réservait l’avenir, cet avenir qu’invoquait Ju- ‘cons ? Des larmes certainement, et des larmes HICSTES -

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