‹ La demoiselle de Puygarrou [microforme]Chapitre 22 sur 43 · CE PET UC CE SU CUT · texte numérisé non relu

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Elle serra la petite main tremblante qui se tendait timidement vers elle et retourna au château, pendant que Mariette rentrait à la

métairie, au son joyeux des cloches, lancées à toute volée pour l’angélus de midi.

Jean avait déclaré que cette journée de dimanche serait consacrée par lui à mettre en ordre une infinitc de choses, toujours remises et retardées, mais qui ne pouvaient plus l’être davantage, son départ étant désormais si prochain.

Tout au plus, vers cinq heures, se permettraitil une apparition dans l’hospitalière maison des Carval, où les enfants l’adoraient pour sa bonne grâce et sa disposition à se prêter à toutes leurs fantaisies.

— C'est que nous rentrerons peut-être un peu plus tard, fit remarquer Céphise ; nous avons promis aux mioches de les conduire à la matinée du cirque ; mais nous vous attendons pour diner. Jean, vous savez que votre couvert est toujours mis chez nous, et aujourd’hui plus encore que de coutume, puisque vous seriez seul.

— Eh bien, je viendrai dîner, merci, fit Jean, dont les yeux brillaient de cette singulière paillette malicieuse, visible pour bien peu et qui n’était pas sans inquiéter Céphise. Que voulezvous que fasse de sa personne un pauvre grand garçon, esseulé dans le logis immense et mélancolique des Puygarrou ? Car, il n'y a pas à dire, majestueux et plein de dignité, le logis,

mais fort mélancolique, lorsqu’on s’y trouve seul, à l'heure où le soir tombe !

— Mon cher enfant, fit affectueusement (Carval, vous viendrez quand il vous plaira. Vous trouverez ici des revues, des journaux et toute ma bibliothèque. La maison est à vous.

Jean remercia et alla faire un tour, sous les somptueux platanes qui sont la gloireet la beauté du Perpignan extérieur.

Cette partie de cirque, promise depuis longtemps aux enfants, était une fête qui mettait leurs petites cervelles à l'envers. A peine puton les habiller, tant ils avaient de peine à se tenir en place.

On ne saura jamais, à moins de l'avoir essayé soi-même, la dose de patience et de fermeté qu'il faut apporter à cette opération si simple en apparence : boutonner ou lacer deux ou trois paires de petites chaussures.

On dirait que les pieds mignons, révoltés contre toute contrainte, dansent d’impatience et refusent de se laisser enfermer.

Cette délicate opération fut achevée cependant à la satisfaction générale ; les chapeaux trouvèrent leur place sur les boucles rebelles ou soyeuses ; à grand renfort de bonnes paroles, on fit entrer les doigts récalcitrants dans les

gants indispensables, mais si ennuyeux ! Et

tout le monde se trouva prêt.

Tout le monde, excepté Lubine, qui apparut.

au repas de midi dans le plus séduisant, des costumes d'intérieur, fraîche, autant que le lui permettait son teint de Parisienne déjà lasse de bals et de théâtres, mais affligée, disait-elle, d'une migraine dont le repos pourrait avoir raison. DEEE

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