‹ La demoiselle de Puygarrou [microforme]Chapitre 32 sur 43 · POP 2 0 ON · texte numérisé non relu

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accompli... Que nous reste-t-il à faire, sinon d’être heureux ?

Mile de Puygarrou se laissa imperceptible-

ment aller dans son fauteuil. Elle n'avait pas cru à tant de bonheur, si simple, venu si naturellement... Elle ne pouvait y croire. Un instant elle ferma les yeux, pour regarder en dedans d’elle-même.

*— Etre heureux ? fit-elle tout à coup. Avec ce fardeau de devoir: et de reproches que Jean vient d’amasser sur nos têtes ? Non, certes ! Nous ne pouvons pas profiter d'un moment de folie, coupable ou non ! Il faut réparer d'abord !

— Réparer ? s'écria Aymery. Vous n'allez pas m'’ordonner de me mettre à la recherche de la femme qui a quitté mon toit ?

— Pas vous, assurément, mais sa famille...

— Elle n’a pas de famille. C'est une des raisons qui m'ont décidé. Elle est orpheline et ne possède plus que des collatéraux.

— Céphise au moins, la sage et prudente Céphise, qui sait trouver les paroles nécessaires.

— Céphise ne veut, pas s'en mêler : elle trouve que Mme de Morillac s'est conduite vis-à-vis d'elle avec un sans-gêne inexcusable, Je trouve même qu'elle apporte beaucoup de grandeur et de générosité dans sa manière d'être à mon égard !

Ce n’est pas votre faute ! fit judicieusement Julienne, Et, de la part de Céphise, cela ne m'étonne pas. Qu'allez-vous faire, pour le présent ?

— Pour lo régont ja vai m'inctallar Anne un LOUT :e présent, Je Vais m aiier aans un

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hôtel, ou plutôt un appartement, si j'en trouve

un. Je dirai que ma famme est retournée à Paris, près des siens... On en pensera ce qu'on voudra. Mes fonctions me retiennent ici, je n'ai nulle envie de démissionner. J'aime ma carrière, qui est pleine de poésie, malgré les niauds qui n'y comprennent rien. Et puis, je ne veux pas m'écarter de cette ville. C'esi !: pa de ma jeunesse : j'y ai été très heureux et üus malheureux... Je ne vois pas d'endroit où je pourrais vivre aussi pleinement. Et enfin, il y a l'avenir...

Le silence se fit sur ce mot. Julienne avait levé la tête ct rewardait dans la glace.

Elle y voyait son beau visage, bruni par le hâle, mais d'une pureté de traits merveilleuse ; un de ces visages qui, sous le pinceau d'un artiste, traversent les siècles et deviennent immortels. L'âge viendrait, les années s’accumuleralent sans beaucoup le changer, Elle n'était pas faite de fraîcheur et de sourires, elle était d'une impérissable beauté, car son âme avait modelé sa figure, ainsi que le pouce du sculptour modèle Ja cire.

Les douleurs, les joies, les nobles et féconds enthousiasmes avaient tous laissé sur cette tête splendide une empreinte dont quelque chose resterait malgré tout après elle : Je plus méchant portraït donnerait toujours d'elle l’impression d’une femme admirable, d’un cœur sans détours, dans une forme idéale.

— L'avenir, dit Julienne en détournant ses veux du miroir fidèle, c’est Jean... Quel malheur que..

— … Que ce n'ait pas été aussi le passé, n’est-

) pas ? Mais le pascé et l’avenir se ronfon- . quand le moment en sera venu. Cette

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