PAPE ER
NE
PUR RL CNE mn EL
re at TT
EME BIRTR Ep Enr EP. UE
EE en ReS RE
PANNE ENST
fois, Julienne, vous ne repousserez pas le bonheur lorsqu'il s’offrira à vous les mains tendues.
Elle fit un triste signe de tête.
— Le présent, c’est Jean, tout comme l’avenir. Jean est incompréhensible. 11 est fait de beaucoup de bien et...
— … Et d’un peu de mal ? Conme nors tous, Julienne, fit Morillac, s’asseyant auprès d’elle. Aï-ie rêvé assez de fois que j'écais assis là, précisément à cette place, et que nous causions comme de vieux, très vieux amis !. Et je m'éveillais toujours en sursaut, seul et désolé. Mon bonheur, c'était d’être assis dans ce fauteuil et de vous entendre parler... Nous aurons un autre bonheur, Julienne ; mais, en attendant, nous avons le droit de savourer celui-ci à pleine coupe !
— Non ! fit-elle. Il faut s'occuper de Jean, avant tout.
— Jean ? il m'a rendu le plus grand service ! Je ne puis pas l'en remercier, et pourtant, Dieu sait si j'en brûle d'envie ! Vous me le donnerez, pour que je lui enseigne Ja vie de la forêt, n'est-ce pas ? |
— Après le régiment, s'il y songe encore, répondit-elle, indécise.
— Mais vous, Julienne, vous ne me ferez pas attendre jusqu’après le régiment, vous ? dit Aymery d’un ton suppliant.
— Moi ? Il n’est guëre question de moi, maintenant, fit-elle. La vie est si compliquée. Je vous en conjure, Aymery, ne parlons pas de nous ! Que dirait le monde, si...
— Vous avez déclaré que le monde ne comptait pour rien à vos veux ! dit-il.
— Je le croyais ! Je l’ai cru tant que j'ai vécu hors du monde, et maintenant je vois qu'on ne peut pas faire fi de lu, le considérer comme une non-valeur... Si ce n’est pas pour nous-mémes, c’est pour les autres... I] y a des êtres que nous n’avons pas le droit de faire souffrir, Votre père, d’abord...
— Mon père vous bénira ! murmura Morillac en portant respectueusement à ses lèvres la belle main fine de Julienne.
C’est la première fois depuis des années... tant d'années !. Elle rougit comme l’eût fait Mariette elle-même.
— Et d’autres... reprit-elle en retirant sa main; il faut que notre nom soit respecté. Qué ce soient des gens de peu ou des gens de bien, le jugement n’en sera pas moins porté sur nous.
On ne doit pas toucher à l’honneur des Puygarrou.
— Vous avez raison, fit-il, sans faire d’effort pour retenir cette main qui tenait son bonheur, qui gardait entre ses doigts effilés tout l’honneur de leurs deux maisons, tout l’orgueil de leurs deux races.
— Au lendemain du départ de Mme de Morillac, si vous veniez ici, régulièrement, comme par le passé... quel vieux passé !….
— Quel doux, cher passé ! interrompit-il.
— Oui, c'était doux et cher, répondit-elle, avec ses yeux de rêve lointain. Mais si celle dont nous ne devons pas parler, ni en bien ni en mal, si elle soupçonnait que 3a fuite est la délivrance pour nous plus que pour elle, ne pensez-vous pas qu’elle reviendrait aussitôt ? Cest son droit, c’est son devoir. Et nous, alors, que deviendrons-nous ?