‹ La demoiselle de Puygarrou [microforme]Chapitre 36 sur 43 · CRETE · texte numérisé non relu

CRETE

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Son trajet en chemin de fer lui sembla court comme un rêve; ses pieds dansaient sous lui dans sa folle impatience ; il avait envie de chanter, de frapper dans ses mains. Le surlendemain était bien Join, ce serait un point noir ; demain ne serait pes non plus très réjouissant, mais aujourd’hui ! aujourd’hui était à lui, et il était le roi du monde !

A la station, il avisa une cerriole, attelée d'un bon petit cheval qu'il connaissait bien.

Tu vas m'emmener, eh ? fit-il au jeune gars de son âge, venu pour prendre quelques paquets.

— C'est que je ne vais pas au château ? dit avec regret le commissionnaire navré.

__ Tant mieux ! faillit dire Jean. Tant pis!

fit-il d’un air de regret fort hypocrite. Tu me laisseras à l'entrée du village, et mes jambes sont bonnes pour le reste du trajet. D'ailleurs, je n’ai pas affaire au château. Si je rencontre un de nos hommes, je lui transmettrai le message de ma tante, et je serai débarrassé.

Comme on devient rusé ! monsieur Jean de Puygarrou ! Comme l'amour vous inspire d’innocentes roueries ! Non certes, il n'irait pas au château, où il n’avait rien à faire. I! jouerait vraiment de malheur, s’il ne rencontrait pas quelqu'un de leurs serviteurs ; à cette époque de vendanges, on a toujours quelque recommandation oubliée à rappeler aux bons vignerons.…..

Le hasard protégeait le jeune amoureux. A peine avait-il fait cinq cents mètres qu’il se trouva. au détour d'un sentier, face à face avec un vieux serviteur qui l’avait vu naître.

— Pierrou, lui dit-il, voilà ce qu’on appelle une chance heureuse. J'ai oublié dans ma chambre, sur la tuble, un paquet de livres et différentes petites choses : il faut envoyer cela à la gare. Ce l’v reprendrai tantôt, en retournant à Perpignan. Je suis venu dire adieu à M. Lambert, et aussi à notre bon curé. J’aime autant ne pas me voir chargé de paquets pour faire mes visites.

— On vous obéira, notre monsieur Jean. Il n'y a pas de traïn avant cinq heures, mais votre paquet sera à la gare pour le train, vous pouvez y compter.

Les deux visites furent vite expédiées ; non que Jean n’eût une affection sincère pour ces guides de sa jeunesse, mais ce jour-là n’était point pour eux, C'était un jour ensoleillé de gloire et de joie, un jour f£'* pour être heureu

\ exprima à n puis à l'autre de ses vieux amis son époi de les revoir lorsqu'il reviendrait en] ‘on i toutefois on ne l’envoya't pas roucr la peau...

Mais, l'iice * se voir trouer la peau n'assombrissait Jean de Puyga ou ce jour-là.

Quand :1l eut rer li ses devoirs, il s’enfonça dans la garrigue ‘06 de la métairie. Quelque chance favoral lui ‘rait rencontrer Catherine, bien sûr, ei il ‘ait Catherine, il verrait Marictte...

Peut-être même ver: M e à un endroit qu'il connaissai | avait révé souvent : celui où ils s pour causer si doucement ensemb ù leurs vies

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