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— Colonel, il défendait sa seconde mère, celle qui l’a élevé après la mort de son père.
— Sa seconde mère... Ça, ce n’est pas trop mal. Mais l’autre ? Car il y a une autre femme, là-dessous. Je ne suis pas une bête, major, vous savez !
— L'autre, je vous l’abandonne. C’est le chevalier de celle-là qui aurait dû attaper la dragée. Mais il n’y a pas justice en ce monde !
Nous le savons tous !
— L'autre payera sa sottise. Je m'en charge au besoin, fit le colonel. Je n'aime pas qu’on me détériore mes hommes.
— Il n'appartient pas à notre arme, colonel.
— Rien à raire, alors. laisser la justice humaine suivre son cours. Elle est mariée, la dame ? Eh bien, voilà son mari bien débarrassé. Il aura son divorce avant d’avoir eu le temps de se retourner. Qu'est-ce que vous attendez, major ?
— Colonel, pendant que ce maladroit de Puygarrou est au lit, — car il sera forcé de garder le lit une quinzaine au moins ; la balle était bien prês du poumon, — un transfert à l'infirrie pourrait avoir les plus graves conséquences, je suis obligé de vous le dire, en toute vérité. I] est dans sa chambre, à présent,une c’ ambertte qu’il avait louée pour ses dimanches üe permission, car il n’a jamais découché, vous le savez. Pas une runition depuis son entrée ! Il serait mieux soigné chez lui qu'à l’infirmerie...
: cui nel mordit :: grosse moustache et réhit.
-- Qu'il reste chez lui, l’animal, puisqu'il a trouvé moyen de se blesser chez lui, ajouta-t-il avec un demi-sourire. Voilà bien de quoi lui
accorder une faveur, en vérité... Eh bien, qu’estce qu’il vous faut encore ?
— C'est un Puygarrou, colonel... est-ce que ce nom-là ne vous dit rien ?
— Puygarrou ? Attendez donc ! Il y a eu un général de Puygarrou qui s'est fait tuer au Mexique... était-il son parent ?
— C'était son grand-père, colonel ; celui-ci est le dernier du nom ; ce serait malheureux qu'il n’en restât plus. La race est forte et brave !
— Puygarrou... oui, je me souviens... Vous verrez qu’il faudra encore lui donner un congé de convalescence, à ce morveux...
— Je vous reconnais bien là, colonel. Merci ! fit le chirurgien prêt à sortir.
— Ce n’est pas vous qui l’avez assisté, j'espère ? dit le colonel en le retenant.
— J'aime mieux vous dire la vérité. C’est moi. J'aurais dû lui laisser prendre un chirurgien civil ; mais j'aime ce garçon, il est tout à fait gentil. Vous me mettrez aux arrêts si vous voulez, colonel.
— Pas la peine, à présent que la chose est faite. Et, si vous m'en croyez, faites donc venir sa tante. Elle le soignera mieux qu’une gardemalade. Ne me remerciez pas. J'ai horreur de ça !
Le major sortit, le cœur considérablement allégé.
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