‹ La demoiselle de Puygarrou [microforme]Chapitre 8 sur 43 · NN · texte numérisé non relu

NN

avez-vous parlé ? Nous pouvions être heureux encore quelque temps !

Oui, pourquoi avait-il parlé ? Pourquoi l’homme, comme l'enfant, veut-il aller au fond de sa joie, démolir son hochet, au lieu de se contenter de l'heure présente, si douce et si précieuse ?

— Ïl aurait toujours fallu en venir là, dit Jean absorbé. Pensez-vous que je veuille rester à vivre comme un fainéant, sur le domaine, jusqu'à mes vingt et un ans ? Et puis trois ans de service militaire et ensuite l'Ecole d'agronomie ? La séparation, tout le temps, pour sauver quelques pauvres journées d’un b'nheur que vous me disputez cruellement, Maricite !

— Moi ? fit-elle, en tournant vers lui ses veux de velours sombres, ses beaux yeux espagnols et sa figure de vierge-enfant. Moi ? je vous dispute quelque chose ?

— Vous ne voulez pas seulement me regarder!

implora-t-il.

La garrigue était pariaitement tranquille et déserte. Au loin, très loin, un pâtre appelait ses chèvres, au moyen d'un instrument primitif, tel que les Grecs l’avaient, sans doute apporté dans les siècles passés. Les rochers étaient roses, la mer rose, le val s’assombrissait... Le chemin de fer, tout petit, pareil à un jouet, pass: dans la vallée, bien loin au-dessous d'eux. *

— Tante Julienne va rentrer, voilà son train, dit Jean. Mariette, écoutez, vous ne me ferez pas faire ce que je ne veux pas !

— Moi non plus! fit-elle en redressant orgueilleusement sa petite tête bien modelée.

— Je vous demande seulement une “hose. Voici le dimanche gras; demain on va danser à

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