Dentelle de Malines
Les auteurs anglais placent aux environs de 1665 l'apparition de cette jolie dentelle; le chanoine Van Caster, archéologue malinois, fait remonter sa fabrication à la lin du XVIe siècle et le baron Liedts croit quelle existait déjà vers 1500. Il est impossible, croyons-nous, de préciser le moment où la Malines prit naissance et devint en vogue. Avant 1665, les dentelles de Flandre étaient souvent désignées dans le commerce sous le nom de Malines , mais on a déjà pu juger de la confusion <jui régnait autrefois entre plusieurs anciens points. Et cette confusion s’explique par la ressemblance très grande qui existait entre eux. Le point de Flandre et le Binche, avec leur plat presque pareil et leur fond de neige, sont deux rameaux sortis d’une souche commune: la primitive Valenciennes et la Malines sont également des dentelles sœurs. Les plus anciens spécimens de Malines sont composés de rinceaux fort larges, laissant entre leurs contours très peu d espace pour le fond. Les rinceaux j sont entourés, tout comme maintenant, d’un cordon faiblement tordu et d’une certaine épaisseur, que l’ouvrière iixait au moyen de nœuds formés par les lils du fond. Ce cordon était appelé fil plat et était destiné à faire mieux ressortir les Heurs. II leur donnait un peu l’apparence d’une broderie; aussi appellat-on quelquefois cette dentelle broderie de Malines. Dès le XVIIe siècle, on ménagea entre les ornements en plat des espaces plus grands que l’on remplit par des jours variés, composés surtout de points de neige. A ce moment, la Malines ressemblait à s’y méprendre au Trolle-kant et nous avons vu qu’elle prit parfois son nom.
(1) Plusieurs des renseignements qui suivent m’ont été procurés grâce à l’extrême obligeance de M. le chanoine Van Caster, de Malines.
Fig. 55. — Dentelle de Matines
!ÉE d’après UN DESSIN ANCIEN DE DENTELLE DE BlNCHE.
(Propriété de il/. A. Cartier.)