BASE
Tissus de laine : Tous autres tissus Tissus de coton : Dentelles, etc. .
Tissus de lin : Dentelles, etc. .
Tissus de soie : Dentelles, etc.
Valeur.
quotité .
Libres .
Libres .
Libres .
ssus. — Tissus de coton : Tous autres tissus. .
ïSus. — Tissus de coton : Tissus de coton mélangé de soie, etc.
sus. — Tissus de lin, etc. : Tous autres tissus . sus. — Tissus de soie : Tous autres tissus .
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100 kil.
500 fr.
ou, au choix de l’importateur,
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Valeur.
100 kil.
10 p . c 700 fr.
ou, au choix de l’importateur,
Valeur .
1 ;us. — Tissus de coton : Tous autres tissus .
l;us. — Tissus de coton : Tissus de coton mélangé de \oie., etc.
l;us. — Tissus de lin, etc. : Tous autres tissus .
1 us. — Tissus de soie : Tous autres tissus .
1 us : Broderies à la main
Valeur .
100 kil.
500 fr.
ou, au choix de l’importateur,
Valeur .
Valeur .
100 kil.
700 fr.
ou, au choix de l’importateur, Valeur. 15 p. c.
Valeur. 20p. c.
bâillements, etc. : Objets confectionnés , etc.
Valeur.
LES INDUSTRIES A DOMICILE EN RELC.IQl'E.
Les imitations mécaniques de certains jwiints font à notre commerce un tort plus considérable que les dentelles à la main de provenance étrangère. Indépendamment des mauvaises contrefaçons du point de Venise et de l'application aux fuseaux, il faut signaler surtout les imitations du Chantilly et de la Valenciennes. Les fabriques de Saint -Pierre-lez-Calais reproduisent aujourd'hui à la perfection le Chantilly assez grossier que l'on faisait à Grammont il y a trente ans; ces imitations, dont les dessins ont souvent un réel cachet d’art, sont de nature à tromper les plus fins connaisseurs et leur succès est tel que l'industrie belge de la dentelle noire est presque complètement tombée. L’avenir de la Valenciennes parait également assez compromis par les imitations qu’on en fait en France. Beaucoup de ces imitations sont, il est vrai, très imparfaites et facilement reconnaissables; cependant il s’en écoule chaque année des quantités énormes en Belgique, et comme, d'autre part, le niveau artistique de nos Valenciennes à la main a beaucoup baissé, il s’ensuit qu'on attache de moins en moins de prix à ces dentelles et qu'on leur préfère les imitations françaises.
Les fabricants de dentelle résidant en Belgique se font une guerre acharnée. La concurrence inet tout d'abord aux prises les maisons belges et les maisons étrangères, françaises et allemandes, établies à Bruxelles. Les chefs de ces dernières maisons ont sur nous l'avantage d’être fortement appuyés à l’étranger par leurs nationaux. Les maisons allemandes, qui disposent du marché américain, font des affaires considérables; elles gagnent beaucoup d'argent parce quelles font payer très cher par leurs clients d’outre-mer des articles fabriqués à bon marché. D’autres maisons étrangères, dont le siège est à Paris ou à Londres, se bornent à revendre des dentelles achetées en Belgique, mais, pour faire croire à leur clientèle quelles fabriquent de la dentelle dans les Flandres, elles mettent sur leurs factures la mention : « Maison à Bruges », « Maison à Courtrai », etc. De là, indignation des fabricants belges, mais
indignation platonique, qui, jusqu a présent, n’a rien su opposer aux manœuvres des étrangers.
Les Belges ont d’ailleurs fort à faire de se dévorer entre eux. Chacun d’eux est isolé et considère que sa première affaire est de combattre les autres ou, tout au moins, de s’en défier comme de ses pires ennemis. Au lieu de profiter du monopole de fait dont jouit la Belgique pour la confection des dentelles et de s’entendre pour le recrutement de la main d’œuvre, les plus grands fabricants tâchent de débaucher les intermédiaires qui fournissent leurs concurrents; au lieu de s’unir pour la formation de dessinateurs, ils se volent leurs dessins; au lieu de travailler ensemble à étendre leurs débouchés et à consolider ceux-ci, ils gardent jalousement le secret sur leurs acheteurs et ils s’efforcent de s’agrandir aux dépens de leurs concurrents. S’entendre pour obtenir des prix plus avantageux sur les marchés où ils ont le monopole, ils n’y songent pas; ils subissent plus volontiers les conditions des maisons de gros et ils gardent leur liberté. Régler par un commun accord la production de la dentelle pendant la saison morte, imposer aux facteurs le payement d’un salaire minimum, coordonner leurs efforts en vue de relever l’enseignement professionnel et le niveau de la fabrication, ils n’en ont point souci. « Une entente des fabricants, sous la forme syndicale ou sous toute autre forme, ne pourrait, disent-ils, amener aucun résultat favorable : ce serait risquer de s’aliéner la clientèle existante; ce serait livrer au public et aux concurrents possibles le secret de nos relations commerciales tant avec nos débouchés qu’avec les centres de production de la dentelle. L’entente serait d’ailleurs impossible, parce que toujours il se trouvera des fabricants pour travailler en dehors du syndicat. » Dès lors, plutôt perdre de l’argent et mourir que d’essayer de vivre en se donnant la main : telle paraît être la devise de nos fabricants de dentelle, et. s’ils s’entendent sur un point, c’est pour s’abstenir de toute mesure propre à assurer la conservation de l’industrie dentellière dans le pays.
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Il y a quelque chose de vrai dans ce langage des fabricants : une entente serait, croyons-nous, chose souhaitable, mais il est certain que l’aversion manifestée par tous pour une action syndicale exclut absolument la possibilité d’organiser cette entente. C’est là un fait dont il faudra toujours tenir compte lorsqu’on s’occupera activement d'assurer le salut de l’industrie dentellière. Une entente entre les fabricants d’un centre de production déterminé serait chose plus aisée qu’une association générale de tous les fabricants. Quelques centres jouissent d’un véritable monopole pour la fabrication de certaines dentelles : c’est le cas de Turnbout, pour la Malines, et de Grammont, pour le Chantilly belge. Nous avons demandé aux fabricants de ces deux centres pourquoi ils ne tâchent pas de s’entendre pour faire la loi aux maisons de Paris et de Bruxelles ou pour se passer d’elles. Une fin de non-recevoir a été partout la réponse.
A Malines, les fabricants ont joui d’un quasi-monopole pour la confection de leurs précieuses dentelles. Ils l’ont compris, mais ne s’en sont servi que pour mieux exploiter leurs ouvrières et pour ruiner finalement l’industrie qui avait fait la gloire de Malines.
Voici comment la chute de cette industrie est racontée par le chevalier de Wouters de Bouchout, auteur d’une monographie sur la dentelle de Malines. Vers 1870, la dentelle de Malines avait perdu sa vogue. Les visites des voyageurs en dentelle se faisaient plus rares à Malines et cependant la marchande de dentelle attendait, comme sa mère et son aïeule l'avaient fait, que l’amateur poli vînt à elle. La dentelle se vendait mal; malgré cela, les intermédiaires, voyageurs ou koopvrouwen, continuaient à réaliser des gros bénéfices et, de leur côté, les marchandes, tout en négligeant les moyens détendre leur commerce et de provoquer la demande, prétendaient ne rien abandonner de leurs gains; elles continuaient des relations sures et faciles avec des intermédiaires connus de
longue date. « C'étaient des clients sérieux, habituels, partant commodes. Ils réalisaient, il est vrai, des bénéfices considérables, qu’un peu d’initiative et une entente avantageuse pour tous eût assurés aux marchandes malinoises. Celles-ci eussent pu aussi traiter directement avec leurs ouvrières et renoncer à l’intermédiaire de leurs parasites, les koopvrouwen. Cette réflexion, elles l’ont peut-être faite, mais, en pratique, elles se sont tenues à un raisonnement plus facile : si le prix de vente baisse, ont-elles pensé, nous baisserons le salaire et tout sera dit.
» La théorie de Manchester y a trouvé une fois de plus sa déplorable application. Le salaire des dentellières a si bien baissé, que toute femme capable d’un autre travail a laissé là son carreau. Avec une production moindre, l’élément de rareté agit sur le prix de vente, mais cet avantage ne se répercuta pas. Étant elles-mêmes mal rémunérées par les grandes marchandes, qui centralisaient l’ouvrage dans leurs comptoirs, les koopvrouwen baissèrent le salaire des ouvrières qui avaient continué le métier. Le nombre de celles-ci diminua rapidement; faute de victimes suffisantes, les koopvrouwen renoncèrent à leur tour à la dentelle et les grandes marchandes restèrent en présence de quelques vieilles ouvrières, dont le nombre se restreignait chaque jour (1).
« Débarrassées de concurrentes plus faibles et des koopvrouwen, les grandes marchandes n’eurent cure d’améliorer la situation des dentellières fidèles ; elles cherchèrent avant tout à les empêcher de livrer directement à l’amateur. Pour s’assurer le monopole, les marchandes commencèrent par s’assurer la propriété des modèles et parchemins existants ; puis elles firent
(1) Trois cents carreaux étaient autrefois occupés pour compte de la supérieure du Béguinage de Malines; celle-ci n’en rétribue plus que trois aujourd’hui, et comme, il y a peu d’années, on lui demandait une maîtresse pour enseigner la Malines au Canada, il lui fallut répondre que, quelque salaire qu’on donnât, il lui était impossible de trouver une dentellière assez jeune pour faire le voyage .
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en sorte qu’il n’en fût par créé de nouveaux. Dès lors, les dentellières se virent réduites à employer les parchemins que les marchandes leur confiaient et à passer par toutes leurs exigences.
» Souvent, et je tiens le fait de la directrice de l’IIospice des vieilles femmes, des étrangers offrent aux pauvres vieilles un beau prix de leur ouvrage. Invariablement elles refusent. L’étranger, surpris, se retire. Il accrédite chez lui l’opinion que la Malines n’est plus d’un prix abordable, puis paie à une marchande un prix exorbitant et il croit avoir fait un excellent marché, car il n’a rien compris au contrat purement verbal, mais sévère, qui asservit les dentellières.
» A cette servitude elles n’échapperont jamais En effet, l’ouvrière d’un certain âge travaille de mémoire. Elle y voit bien encore pour piquer ses épingles, mais ses yeux ne suivent plus l’enchevêtrement des fuseaux. Elle finit par ne plus savoir faire qu’un seul dessin, et ce dessin n’est pas à elle! Il est l’œuvre d’un artiste anonyme, décédé il y a peut-être deux ou trois siècles; mais le parchemin, d’origine tout aussi peu établie, est la propriété de la marchande. Il serait d’une simplicité élémentaire de calquer ce parchemin, mais la marchande a eu bien soin de représenter à la petite vieille que ce serait commettre un vol odieux... Les marchandes se servent ici abusivement d’une loi à laquelle, de leur côté, elle n’ont cure de se conformer, car les modèles anciens sont depuis longtemps dans le domaine public et elles n’en ont pas déposé de nouveaux. Pis que cela, elles ont fait en sorte, pour mieux conserver le monopole acquis, qu’il devînt impossible de faire exécuter d’autres dessins que les leurs: elles ont réussi à supprimera Malines la profession de patronneuse (1). »
(1) Bulletin du Cercle archéologique , artistique cl littéraire de Malines. T. XI, 1901, art. intitulé : Une industrie qui se meurt : la dentelle de Malines, par le Chevalier de Wouters de Bouchout. Nous adressons tous nos remerciements à M. de Wouters, qui nous a très aimablement piloté à Malines et nous a fait entrer dans les maisons de toutes les dentellières de la ville.
Une caractéristique de la concurrence entre fabricants est l’hostilité qui divise les grands fabricants et les petits. Nous
Fig. 130. — Écharpe en application de Bruxelles, payée 8 francs dans un magasin bruxellois.
Le tulle est de qualité inférieure, la fabrication très ordinaire ; les deux extrémités de l’écharpe sont seules faites à la main ] l’engrèlure et le semis sont en imitation.
avons déjà indiqué les causes et les manifestations de cette hostilité. Les grands fabricants, entrepreneurs sérieux, établis
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depuis longtemps et ne faisant que du bel ouvrage, ne peuvent supporter les petits, qui ouvrent partout des magasins, deviennent plus nombreux à mesure que les affaires empirent, et font baisser le niveau de la fabrication en inondant le marché d’articles ordinaires. Si les grands fabricants ne peuvent s’entendre entre eux, tout au moins s’accordent-ils pour réprouver les agissements et jusqu’à l'existence des fabricants interlopes : ils les considèrent, à juste titre, comme les pires ennemis de l’industrie dentellière.
Dans leur âpre besoin de s’enrichir au plus vite, ces demifabricants n’ont en vue que le moment présent et ils sacrifient, sans hésitation, l’avenir. Toutes les manœuvres leur sont bonnes pour lutter contre les grandes maisons et il n’est pas de truc auquel ils n’aient recours pour berner l'acheteur. A ce dernier ils vendent de la dentelle fausse pour de la vraie, et souvent l’acheteur ne s’en aperçoit pas, parce que les parties fausses sont encadrées dans des morceaux de vraie dentelle. A leurs étalages, des dentelles souvent quelconques, parfois même des imitations mécaniques, sont décorées d’étiquettes pompeuses et les duchesse les plus grossières sont dénommées « véritables dentelles de Bruxelles, entièrement à la main. » La plupart des articles exposés aux vitrines portent des prix très avantageux ; l’étranger est attiré par le bon marché, il entre, croyant faire un bon coup, et à l’intérieur du magasin on lui demande un prix exorbitant pour des articles moins beaux parfois que ceux de l’étalage : ceux-ci, lui dit-on, n étaient pas à vendre ou bien l'étiquette mentionnant le prix de la dentelle exposée n’était pas à sa place. Et l’acheteur de s’exécuter, sans mauvaise grâce d’ailleurs, car le plus souvent il ne se doute même pas qu’il a été trompé.
La législation fiscale (1).
Les fabricants de dentelle ne sont soumis au droit de patente que pour autant qu’ils sont les employeurs de leurs ouvrières.
Les fabricants recourant exclusivement aux services des intermédiaires ne sont donc pas atteints par le fisc, tandis que les intermédiaires, qui entretiennent avec la main-d’œuvre des rapports directs, sont, aux yeux de la loi, de véritables fabricants. Mais, ou bien l’intermédiaire est exempté de la patente, ou bien il réussit à y échapper. Aussi, en fait, les seules personnes qui paient la patente sont les fabricants qui dirigent eux-mêmes un atelier joint à leur établissement et un petit nombre de fabricants de province, qui ont des relations directes avec leurs ouvrières.
Les fabricants sont patentés d’après le nombre d’ouvrières employées par eux, travaillant soit à domicile, soit à l’atelier. Ils sont répartis par le fisc en 15 classes.
Fabricants
employant 500 ouvriers et au-delà
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classe.
500 ouvriers :
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(1) Les renseignements qui suivent sur le tarif des patentes nous ont été fournis par le Ministère des Finances.
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Fabricants employant 9
ouvriers : 12“ classe.
Le droit de patente appliqué aux fabricants est celui des 15 premières classes du tarif A, annexé à la loi du ^ 1 mai 1819.
Tarif A.
Les droits sont les mêmes pour toutes les villes et communes.
CLASSES