‹ La dentelle et la broderie sur tulleChapitre 65 sur 86 · ÉTRANGÈRES ADMISES A LA MATERNITÉ · texte numérisé non relu

ÉTRANGÈRES ADMISES A LA MATERNITÉ

Soit en moyenne

« Il résulte de ce tableau, continue M. Ronse, que le nombre des naissances illégitimes à Bruges monte ou descend à mesure que le nombre de personnes étrangères à la ville admises à la maternité est plus ou moins élevé. Nous ne croyons pas exagérer en attribuant à ces dernières une cinquantaine de naissances illégitimes par an; de manière qu’il en resterait une centaine en moyenne à attribuer à la population de la ville. Il y aurait donc à Bruges, en prenant une moyenne de 1,500 naissances par an, 1 naissance illégitime sur 15 naissances.

» A Gand, le nombre de personnes étrangères à la ville qui contribuent à grossir le chiffre des naissances illégitimes n'est pas beaucoup plus élevé qu’à Bruges, car ces personnes

cherchent d’ordinaire un refuge à la maternité et le chiffre du mouvement de la population à la maternité de Gand n’est que de la moitié plus élevé que celui du mouvement de la maternité de Bruges (respectivement 189 et 124). D’où l’on peut raisonnablement conclure que si la maternité de Bruges donne environ 50 naissances illégitimes étrangères à la population, celle de Gand en donne 75.

» En défalquant ce dernier chiffre de 75 du total des naissances illégitimes à Gand, qui est de 543 pour 1881, il reste 468 naissances de cette catégorie pour compte de la population de la ville, soit une naissance illégitime sur environ 9.7 naissances, le nombre des naissances étant de 4,538.

Donc, à Bruges, 1 naissance illégitime sur 13 naissances; à Gand, 1 — — 9.70 —

» D’où la conclusion que, s’il est possible de mesurer la vertu par voie d’équations, en appréciant la moralité d'une ville d’après le nombre de naissances illégitimes qui sont le fait de la population qui l’habite, la moralité de Bruges est d’un tiers plus grande que celle de Gand.

» Ainsi donc la question de l’industrie dentellière envisagée au double point de vue de la mortalité et de la moralité de la population qui l’exerce, donne des résultats entièrement opposés à ceux que les détracteurs de cette industrie ont cherché à y découvrir. »

Le tableau suivant met en regard la situation de Gand et de Bruges, pendant les années 1899 et 1900 (1).

(1) Les chiffres pour Bruges m’ont élé fournis par l’administration communale de celle ville ; ceux de Gand sont extraits du Rapport sur l'administration et la situation de la ville de Gand .

no

LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE

Gand.

Bruges.

Gand.

Bruges.

Chiffre de la population au 31 décembre

Nombre des décès par phtisie et maladies de poitrine ,

Nombre d’enfants morts en dessous de l’àgc de 5 ans (1) .

Nombre de personnes niortcsnprès avoir atteint l’àgc de 70 ans. .

Nombre de naissances illégitimes.

Nombre de personnes étrangères admises à la maternité.

Pour comprendre la portée de ces chiffres, il est à remarquer que, depuis 1881. la situation de la classe ouvrière, à Bruges, s’est considérablement modifiée; la dentelle n’y occupait plus, en 1896, que 3,394 personnes, tandis qu’en 1881 elle en faisait vivre plus de 6,000. Plusieurs fabriques (teintureries, brosseries, manufactures de tapis, de chicorée, de cigares), se sont établies tout récemment à Bruges; elles occupent un grand nombre de jeunes filles et de jeunes femmes. La grande industrie, encore embryonnaire à Bruges, s’y soutiendra-t-elle P C’est assez douteux ; toujours est-il que son développement actuel tend à rapprocher la situation de Bruges de celle de Gand.

(1) La forte proportion de décès infantiles à Bruges, en 1899 et 1900, a sa raison d’étre dans une épidémie de rougeole qui a enlevé beaucoup d’enfants, surtout en 1900.

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