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Nous n'avons eu, jusqu'à présent, l'occasion

de parler du point à l'aiguille, de Bruxelles, que

48. d'une façon presque accessoire. Sa présence a été signalée dans certains voiles, où sa discrète intervention se bornait à introduire, çà et là, quelques touches plus fermes et plus précises. Nous l'avons également rencontré dans le genre « application », décorant le vrai réseau et le tulle, soit seul, soit associé à la dentelle aux fuseaux. Mais, dans un cas seulement, nous avons pu lui rapporter la production exclusive d'une œuvre importante, à savoir le manteau de N. D. d'Afûigem.

Il ne faudrait pas en conclure nécessairement que les pièces en point à l'aiguille fussent si exceptionnelles que cela dans notre pays. La dentelle aux fuseaux y primait, sans doute, tout le reste; mais on a dû y faire de l'aiguille, en quantité suffisante, pensons-nous, pour que nous ayons à nous préoccuper de combler la lacune que semble présenter, à cet égard, notre collection.

On a pris souvent pour du point à l'aiguille, de Bruxelles, des produits d'Alençon et d'Argentan. Nous avons cru devoir restituer à ces dernières fabriques divers morceaux qui se trouvaient classés autrefois parmi les dentelles de Bruxelles.

On rapporte, au surplus, que les fabricants d'Alençon envoyaient parfois leurs fleurs à Bru-

xelles, pour y être montées ou appliquées sur vrai réseau : circonstance peu favorable, il faut en convenir, à l'hypothèse d'une fabrication courante du point à l'aiguille, à Bruxelles. Nous possédons deux spécimens de ce mélange d'aiguille et de fuseaux, qui sembleraient devoir donner crédit à pareille tradition. Ils se trouvent exposés dans la vitrine n° 48, réservée au point à l'aiguille du XVIIIe siècle.

Nous sommes, dès à présent, mieux partagés, en ce qui concerne les dentelles modernes, où, à la différence de ce que nous avons vu jusqu'ici, le point à l'aiguille tient la première place parmi les objets exposés.

Le cadre n° 49 renferme d'intéressants spécimens de point à l'aiguille, exécutés à Bruxelles, au cours des quarante dernières années. Ils ont été offerts au Musée par Melle Minne Dansaert, Mme Paul Errera et M. Raymond Siméons.

Les éventails et les pièces détachées, pour éventails, exposés dans le cadre 50, sont encore du point à l'aiguille. Ils proviennent delà maison Minne Dansaert, à Haeltert. L'un d'eux, exécuté pour l'Exposition de Liège, en 1905, est formé

50. de sujets représentatifs des neuf provinces belges et du Congo. 11 est d'une belle technique.

L'éventail plus petit, d'une jolie composition et d'un travail au moins aussi bon que le précédent, est un don de Mlle Minne.

51. Le cadre suivant réunit des dentelles à l'aiguille, exécutées en Belgique, mais s'écartant des types habituels de Bruxelles :

a) Point de Venise, de la fabrication de Mlle Minne Dansaert et donné par celle-ci au Musée. Le losange, en point à la rose, d'une technique remarquable, a été exécuté spécialement à notre intention ;

b) Animal fantastique, d'un beau travail, don de M. Berghaus ;

c) Panneau décoratif, à figures et sujets anciens, acquis de la maison Lava, à Bruxelles.

52 La série qui précède est très heureusement

couronnée par un ensemble de dentelles, de la fabrication de feu Léon Sacré, de Bruxelles, en souvenir de qui, sa sœur, Mme Eugène Marlier et les enfants de celle-ci, les ont généreusement offertes au Musée.

C'est, d'abord, une écharpe, en application sur tulle, aiguille et fuseaux, d'un agréable dessin, et d'une exécution remarquable.

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